charge mentale

« À quoi penses-tu chérie ? »

Je me suis arrêtée pendant une minute, pour me demander si je devais répondre totalement à sa question au lieu de donner ma réponse typique qui ferait avancer la conversation et qui ne mettrait pas mal à l’aise.

« À rien, vraiment, » dis-je.

Ce qui était un mensonge.

Alors j’ai ajouté : « Je me demande comment vont les enfants chez les grands-parents. »

Ce qui était déjà moins un mensonge.

Mais en vérité, comme la plupart des mères dans ce monde, mon cerveau ne se met jamais en pause. Jamais. Je ne pourrais même pas vous dire à quoi je pensais au moment même où il a posé la question, mais les cinq minutes avant qu’il me le demande ?

Cette roue du hamster tournait très rapidement.

À quoi pensais-je ?

À rien et à tout en même temps.

Je dois contacter une nouvelle boîte de contacts avant de quitter la ville Lundi. Est-ce que j’ai payé la baby-sitter la semaine dernière ? Ma fille ne mange pas assez de légumes. J’ai oublié de rendre mon écrit à la date limite, une fois de plus. Est-ce un problème d’anxiété ? Je devrais voir avec mon médecin… ce qui me rappelle, est-ce que tous les vaccins de mon fils sont à jour ? Je dois appeler le pédiatre de toute façon, il faut que je mette à jour son carnet pour le préscolaire. Est-il inscrit pour l’année prochaine ? Le pauvre, il a besoin de nouveaux vêtements pour l’école. Il a tellement grandi.

Oh non, les vêtements. J’ai oublié de les passer dans le sèche-linge.

Note à moi-même : Chercher sur google pour les légumes adaptés aux bébés. Faire la liste des courses. Appeler le médecin. Contacter l’éditeur. Mettre le linge dans le sèche-linge. Mais le sentir d’abord. Peut-être qu’il faut le laver une nouvelle fois..

Mon petit garçon me manque. J’ai hâte d’aller le récupérer chez ses grands-parents. J’espère qu’il va bien aujourd’hui.

Et c’est exactement ce que j’ai répondu quand il m’a demandé : la pointe de l’iceberg.

Pas parce que je ne peux pas lui dire ces choses, bien sûr que je le peux. Il est mon meilleur ami. Je ne lui ai pas dit parce que, eh bien…

C’est le cerveau d’une maman. Tout le temps. Et apparemment il existe un nom pour ça : la charge mentale.

C’est pour cette raison que nous sommes si nombreuses à nous sentir toujours fatiguées, malgré le fait que «tout ce que nous faisons» reste à la maison. Et pour celles d’entre nous qui équilibrent leur travail en dehors de la maison aussi? Mon Dieu , rien que l’idée m’épuise.

Lorsque vous voyez une amie maman, vous lui demandez comment elle va, et elle répond: « Fatiguée ».

Ce n’est pas toujours la privation de sommeil. Parfois c’est le cas, mais il y a autre chose. Quelque chose de plus profond . Mon mari rentre du travail tous les jours et je veux alléger son fardeau. Alors je lui demande comment s’est passée sa journée parce que je m’en soucie. Et parce que je l’aime.

Et toujours dans ma tête, cette roue de hamster qui tourne.

Si vous êtes maman, vous devez l’avoir aussi, n’est-ce pas ?

Parce que si nous ne nous rappelons pas de changer de linge, qui le fera? Et si nous ne nous occupons pas des légumes, eh bien, le bébé n’en aura pas. Et les rendez-vous chez le médecin, les ordonnances, les listes de courses pour les vacances …

Tout est sur la liste de contrôle invisible dans notre cerveau.

C’est la charge mentale que nous portons toutes, et nous sommes toujours fatiguées.

Et je ne dis pas que c’est mauvais ou que nous devons faire quelque chose pour y remédier. Je ne sais même pas si nous le pouvons.

Mais parfois, il suffit juste de reconnaître que cette charge mentale existe. C’est une chose. Il y a une raison pour laquelle nous sommes fatiguées même quand nous avons l’impression de n’avoir rien fait.

Parce que tout ce qui n’a pas été fait et tout ce qui doit être fait se joue en boucle dans notre tête, constamment.
À toutes les mamans, vous êtes incroyables. Vous êtes de vraies machines.

La prochaine fois qu’un conjoint, un ami ou un membre de la famille demande: «À quoi penses-tu?» Dites-lui . Allégez la charge. Même si c’est juste pour une minute.

Et si la personne vous regarde comme une folle, tendez la main à une autre maman. Parce que les mamans comprennent.

Le fardeau est peut-être invisible, mais il est sacrément lourd. Alors soyons ouvertes et honnêtes, et parlons-nous.

Laissez-nous partager cette charge.