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Le Japon a annoncé la réouverture officielle de la chasse à la baleine ce lundi, après avoir décidé il y a 6 mois de ne plus faire partie de la Commission baleinière internationale (CBI) et ainsi ne plus suivre le moratoire créé et adopté en 1982 par une grande majorité des pays.

Le ministère de l’Agriculture, des Forêts et de la Pêche​ a annoncé que des quotas seraient définis « de sorte à ne pas nuire aux espèces ».

Plusieurs navires, dont le bateau-usine Nisshin Maru, navire amiral de la flotte baleinière nippone, partiront du port de Shimonoseki qui se trouve au sud-ouest de l’île, pour chasser les baleines le long des côtes nippones. Par ailleurs, d’autres navires partiront de Kushiro, l’île septentrionale de Hokkaido.

Désormais, contrairement aux trente dernières années, la pêche ne se fera plus à des fins scientifiques.

Jusqu’à maintenant, le Japon utilisait une « exception scientifique » acceptée par la CBI et effectuait ses « missions de recherches » en Antarctique et dans le nord-est du Pacifique depuis respectivement trente-deux et vingt-cinq ans.

Pendant toutes ces années, les défenseurs des cétacés ont constamment remis en cause la manière de procéder qu’ils jugeaient inhumaine, alors que selon eux, il y aurait des méthodes non létales pour faire ces études. Par ailleurs, on retrouvait une partie de ces baleines sur les étals des poissonniers, même si peu de gens en consomment. En réalité, il s’agit plutôt d’une volonté de préserver une tradition qui date de la disette d’après-guerre, quand les baleines constituaient la seule source importante de protéines pour les habitants.

Patrick Ramage, directeur du programme de conservation marine du Fonds international pour le bien-être animal (Ifaw), considère que la réouverture de la chasse commerciale et l’abandon de la pêche scientifique en Antarctique est un combat perdu d’avance pour le Japon. « Le Japon est en train d’arrêter la chasse à la baleine en haute mer, pas encore un arrêt complet mais c’est un énorme pas vers la fin », a-t-il récemment déclaré dans une conférence au Japon.

« Cette industrie (de chasse à la baleine) va se noyer très rapidement », indique-t-il. Selon cet homme, cette industrie continuerait grâce à des subventions pour des consommateurs de moins en moins nombreux.

Selon plusieurs spécialistes japonais , comme Masayuki Komatsu, un ancien négociateur auprès de l’instance internationale, partir de la CBI serait une mauvaise décision : « Le Japon doit y revenir et défendre le principe d’une gestion durable des ressources ».

En revanche, pour la première fois depuis 2002, les deux entreprises spécialisées en Islande ont décidé de ne pas prendre part à la saison 2019.