Comment vivre avec le SSPT-C après avoir subi une relation abusive

SSPT-C

Le 2 novembre 2018. Image crédit :depositphotos.com

Comment vivre avec le SSPT-C ( Syndrome de stress post-traumatique complexe ) après avoir subi une relation abusive

Par Lisa

Pendant plusieurs années, j’ai vécu une relation particulièrement destructrice avec quelqu’un qui souffrait d’un trouble de la personnalité narcissique et j’ai souvent subi de nombreuses violences psychologiques et physiques.

Je marchais constamment sur des œufs, je vivais dans la peur de dire ou de faire quelque chose qui aurait pu provoquer une réaction agressive.

Nombreux sont ceux qui pourraient se demander pourquoi on reste dans ce genre d’environnement, mais quand j’ai reconnu pleinement que j’étais en grand danger, j’étais déjà très affaiblie physiquement et affaiblie sur le plan émotionnel et mental.

Je vivais dans la terreur en attendant d’être attaquée à tout moment et pourtant je ne pensais pas avoir la force ou le courage de me sortir de cette situation.

L’abus n’arrive pas forcément de manière ouverte et il n’est pas toujours simple de le reconnaître. Il s’agit souvent d’une perfusion secrète, insidieuse et invisible qui empoisonne peu à peu l’esprit de la victime, de manière qu’elle ne fait pas confiance à son propre jugement, qu’elle est incapable de prendre des décisions qui changeront sa vie et qu’elle aura l’impression de ne pas avoir les compétences nécessaires pour partir ou demander de l’aide.

J’ai mis beaucoup de temps pour me sortir de l’enfer dans lequel je vivais et me mettre dans un lieu sûr.

Au moment où je suis partie, je croyais que mon cauchemar était terminé. Mais en réalité, il ne faisait que commencer.

Les tortures et les tourments qui étaient devenus mon quotidien n’ont pas disparu et sont revenus sous forme de flashbacks intrusifs et réguliers.

Plusieurs mois après mon départ, j’ai appris que je souffrais d’un trouble de stress post-traumatique complexe (SSPT-C). Le SSPT-C est le résultat d’un traumatisme psychologique persistant dans un environnement où la victime se pense impuissante et croit qu’il n’y a aucune issue.

Le SSPT-C diffère un peu du SSPT, qui est le résultat d’une expérience solitaire traumatique ou qui peut se développer à cause d’une accumulation d’incidents. Je m’identifie davantage au SSPT-C, car ce sont les effets de l’exposition prolongée à des traumatismes répétitifs et chroniques auxquels je croyais ne pas pouvoir échapper et qui ont eu le plus d’impact sur moi.

Plusieurs mois après la fin de la relation, j’avais des difficultés à dormir la nuit et je me réveillais souvent tremblante après des cauchemars terrifiants et récurrents. À de nombreuses occasions, quand je finissais par m’endormir, je dormais bien pendant au moins 24 heures, dans un sommeil tellement profond que j’avais du mal à me réveiller et quand je le faisais, je me sentais fatiguée toute la journée.

Je paniquais au moindre mouvement brusque ou fort.

J’étais ultra-sensible, nerveuse et très alerte la majorité du temps, ce qui, à mon avis, permettait à mon esprit de former une sorte d’autoprotection pour me tenir au courant afin d’éviter des situations similaires pouvant être dangereuses.

À la mention de certains mots, noms ou endroits, je me sentais nauséeuse et étourdie et devenais affligée. Un nœud se développait dans mon estomac dès que quelque chose me rappelait le traumatisme.

J’ai longtemps lutté pour rester concentrée et mes capacités de concentration étaient très faibles.

Je m’énervais facilement, surtout si j’étais dans un environnement tendu. J’avais une anxiété constante et j’étais constamment en mode combat ou fuite.

J’avais des difficultés à manger . Je n’avais aucune motivation et des pensées suicidaires inondaient souvent mon esprit.

J’avais perdu mon étincelle.

J’ai été particulièrement affectée par le gaslighting quotidien que j’ai subi pendant toutes ces années.
À cause de cela, je n’arrivais plus à croire tout ce que les gens pouvaient me dire, et j’analysais et disséquais tout.

Nouer de nouvelles relations, qu’il s’agisse d’amitiés ou de relations amoureuses, était presque impossible, car je ne faisais pas confiance aux intentions des gens et j’avais peur des motivations sous-jacentes, cachées et des objectifs de leurs actions ou de leurs paroles.

J’ai essayé de me convaincre que les sévices n’étaient pas aussi graves qu’ils n’y paraissaient. En partie car j’avais honte de ne pas être partie plus tôt et également parce que je voulais défendre et protéger la personne avec laquelle j’étais engagée, car j’y tenais toujours. Par conséquent, je mentionnais rarement la relation à qui que ce soit et me fermais si quelqu’un tentait de m’en parler.

Il y avait beaucoup d’émotions en montagnes russes piégées en moi et essayer de les ignorer et de les contenir faisait plus de mal que de bien. À bien des égards, la fin de la relation avait marqué la fin d’une phase de ma vie et avait ouvert un nouveau chapitre qui me demandait une période d’adaptation.

Quand j’étais dans la relation, j’étais devenue tellement habituée à supporter de nombreux comportements narcissiques qu’ils étaient presque devenus normaux et acceptables. J’avais l’impression de vivre sur une autre planète.

J’ai vite réalisé que, si je ne commençais pas à me soigner, je resterais victime de mes circonstances antérieures, car l’accumulation de blessures émotionnelles, de plaies et de cicatrices nécessitait une attention urgente.

J’avais beaucoup de travail de guérison intérieure pour me reconstruire et me convaincre que le simple fait d’avoir quitté la relation ne suffisait pas.

L’étape la plus importante a été d’admettre et d’accepter pleinement le fait que le carnage que j’ai vécu était réel et avait un impact profond sur mon bien-être émotionnel et mental.

Toute cette relation était une illusion et m’a causé d’importants problèmes de confiance. Je n’ai pas seulement lutté pour faire confiance aux autres, mais j’ai aussi réalisé que je n’avais aucune confiance en ma propre intuition, perception ou mon jugement.

Je me suis rendu compte qu’il n’y avait pas de délai de guérison et que je n’étais pas pressée.

Pendant longtemps, j’ai nié mon chagrin, car il était difficile de comprendre pourquoi quelqu’un qui était responsable d’un comportement pervers envers moi pouvait me manquer.

Je crois qu’une étape essentielle vers la guérison des abus narcissiques consiste à trouver quelqu’un à qui se confier réellement et à ne rien juger ni remettre en question. Être libre de parler ouvertement sans avoir à trop expliquer est important pour commencer à placer l’accumulation d’expériences dans un certain contexte.

J’ai réussi à guérir en me concentrant davantage sur la guérison et la reconstruction. Même si j’ai pris le temps de faire des recherches et d’acquérir des connaissances et une compréhension du type de maltraitance que j’avais vécu, j’ai passé beaucoup plus de temps à me livrer à tout ce qui était bénéfique pour mon âme.

Peu à peu, je me suis reconstruite, j’ai noué de nouvelles amitiés, appris à faire confiance aux autres et pardonné mon passé. Il y a encore des jours où cela me hante, mais il y a une lumière brillante au bout du tunnel et lorsque vous commencez à le traverser, le chemin à parcourir commence à devenir clair.

Une réponse à “Comment vivre avec le SSPT-C après avoir subi une relation abusive”

  1. Je pense aussi avoir été victime d’une personne narcissique toxique. Je me suis sortie de cette relation depuis quelques mois et je ne le vois plus, mais il a réussi à me faire croire que j’étais folle et j’ai beaucoup de mal à me retrouver dans mes sentiments et mes émotions. C’est chaque jour les montagnes russes et je lutte contre moi-même pour ne pas essayer de retourner vers lui. ça fait des mois que je ne dors plus correctement, que je fais des cauchemars et de la paralysie du sommeil. J’ai la chance d’avoir mes amis et ma famille sur qui je peux compter, mais je suis fatiguée de penser constamment à mon histoire avec lui, à mes erreurs et à son comportement. J’ai l’impression de n’avoir pas les clés pour le comprendre et ça me rend triste à longueur de temps. J’espère que le temps m’aidera à guérir et à passer à autre chose…

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