Deux physiciens bretons ont percé l’un des secrets de la dyslexie

Albert Le Floch (à gauche) et Guy Ropars (à droite) ont travaillé en collaboration avec 60 étudiants de l’université de Rennes 1 afin de tenter de percer l’un des mystères de la dyslexie. (Photo DR)

Le 23 Février 2018.

Deux physiciens bretons ont percé l’un des secrets de la dyslexie

La dyslexie, une difficulté d’apprentissage qui affecte la lecture, l’écriture et l’orthographe, est probablement plus répandue que vous ne le pensez. Entre 5 et 10% de la population mondiale est touchée par la dyslexie, et malgré le fait qu’elle soit commune, ses causes restent incomprises.

Une recherche a conclu que les motifs étranges des récepteurs de la lumière dans les yeux pourraient être la principale cause de la maladie.

En écrivant dans lesActes de la Royal Society B , deux physiciens de l’Université de Rennes ont constaté que les cellules responsables de l’absorption de la lumière entrante dans les yeux sont disposées différemment chez les personnes diagnostiquées dyslexiques.

Dans ce cas, nous parlons des cellules coniques, celles qui traitent la lumière rouge, bleue et verte. Chez les personnes sans dyslexie, ces cellules sont dans des dispositions asymétriques; un œil comporte un motif et l’autre un arrangement différent.

Cela permet à des sources de lumière complexes et à angles multiples d’être absorbées différemment à travers chaque œil. Après avoir «pesé» ce qui est susceptible d’être plus précis, le cerveau choisit alors l’image d’un œil, et à terme, cela conduit au développement d’un œil «dominant» sur lequel le cerveau s’appuie plus fortement.

Les personnes dyslexiques semblent avoir des arrangements symétriques, cependant, avec les deux yeux contenant exactement la même disposition des cellules coniques. Cela conduit à des modèles d’absorption identiques, que le cerveau voit comme des images « miroir ».

Ce manque d’œil dominant explique pourquoi les personnes dyslexiques voient «3» et «E» comme étant pareils. Leur cerveau ne peut pas bien distinguer les formes en miroir.

Cette asymétrie peut être vue avec une précision incroyable. Au centre de la rétine – la fovéa  – il y a un petit point qui ne contient pas de cellules coniques bleues. Chez les personnes non dyslexiques, cet endroit est rond dans l’œil dominant et légèrement déformé dans l’autre œil. Chez les personnes dyslexiques, les deux yeux ont exactement le même point rond.

On ne sait pas encore pourquoi ces dispositions cellulaires symétriques n’apparaissent que chez certaines personnes. Bien que la dyslexie ne soit pas liée à l’intelligence générale d’une personne, elle semble être héréditaire, on pense donc que les gènes jouent un rôle.

Quoi qu’il en soit, l’identification de cette cause physiologique possible de la dyslexie est une excellente nouvelle. Après tout, si vous savez quel est le problème, vous pouvez commencer à chercher un moyen de le corriger si, bien sûr, vous le voyez comme un problème au départ. Les personnes atteintes de dyslexie considèrent parfois que ce n’est pas quelque chose qui doit être «corrigé», mais un type d’avantage créatif.

L’équipe a découvert que les lumières clignotantes invisibles d’une lampe à LED annulent l’une des images «en miroir» dans le cerveau, ce qui lui permet de voir chaque lettre dans sa forme réelle. Bien que ce ne soit pas une solution à long terme pour la dyslexie, cela marque le début d’une toute nouvelle gamme de traitements qui pourrait améliorer les capacités d’apprentissage de centaines de millions de personnes à travers le monde.

Pourrait-on donc imaginer un traitement pour les enfants jusqu’à 7 ans dont les yeux et nerfs optiques sont en plein développement ?

«Nous pouvons forcer l’arrivée d’une dissymétrie entre les yeux en faisant lire les enfants avec une lumière pulsée », explique le physicien, refusant néanmoins de s’avancer plus sur le sujet. « Je suis physicien et pas médecin », dit-il. « Mais j’espère que la médecine mettra son nez là-dedans et trouvera une solution à laquelle nous n’avons pas pensé », déclare-t-il, réconforté par « la satisfaction intellectuelle » apportée par sa découverte. « Je serais d’autant plus content si nous pouvions aider ne serait-ce qu’une petite part des 700 millions de personnes « dys », même si cela ne nous rapporte rien financièrement ».

Les chercheurs sont bien conscients des implications potentiellement dramatiques de leur travail.

« L’interaction entre le manque d’asymétrie et le développement de la maturation neurale des voies cérébrales suggère de nouvelles implications dans les sciences fondamentales et biomédicales », conclut leur étude.

Il convient de souligner que ce n’est qu’une étude, et que beaucoup d’autres chercheurs considèrent la dyslexie comme un trait neurologique. Peut-être que ces différences visuelles sont une conséquence, plutôt qu’un déclencheur, de la dyslexie.

[H/T: AFP]

5 commentaires à propos de “Deux physiciens bretons ont percé l’un des secrets de la dyslexie

  1. La dyslexie offre effectivement un avantage créatif ! Je ne tiens pas du tout à corriger cette originalité, d’autant que certains mécanismes mnémotechniques, permettent de compenser certaines difficultés.

  2. Bonjour à vous Monsieur Albert Le Floch et Monsieur Guy Ropars
    Pouvez vous me dire comment faire pour réparer cette défaillance visuelle
    Cordialement

    • Moi j’en ai 62 et l’école a été un enfer….le système scolaire est pas adapter pour ces problèmes..J’ai connue des jeunes avec le même problème que moi qui étais complètement détruit de quoi a se choquer de voir des professeurs agir ainsi . C’est dommage que c’est un problème non visuel des autres.On ne trouve aucune personne capable de nous donner l’heure juste et je suis content de voir une petite lumière pour les années future bravo a vous….

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