réfléchir à nous

Je t’en prie, ne viens pas avec ton cœur prudent, douteux et sur la réserve, en me posant des questions pour voir si je suis capable de réussir tes tests incroyablement difficiles.

Par Louise Meunier. Le 10/04/2019

Tes constants et vagues « peut-être » ne m’intéressent plus. Et j’ai même renoncé à espérer que ce « un jour » arrive enfin. Tu en parles depuis des années, mais j’attends toujours.

Je t’en prie, ne me dis pas que tu dois « y réfléchir » plus longtemps.

Je ne veux plus de cette attente et de ces interrogations. Je n’ai plus envie de me concentrer sur « ce qui pourrait être ».

J’en ai assez et je suis frustré. Et ma cage thoracique fracturée ferme à contrecœur ses portes battues par la tempête.

Mais d’abord, dis-moi pourquoi viens-tu à moi avec des mains à moitié pleines de promesses et à moitié pleines de dédain?

Tu me dis que tu penses m’aimer, avec un ton calme – une voix remplie de réserves accablantes, de désirs momentanés et d’attentes superficielles. Ton bouclier est toujours actif et tu es toujours sur tes gardes.

Donc, je te demande de prendre ton amour indécis et de partir gentiment (et résolument).

Nous savons tous les deux que si tu restes, je serai toujours faible et coincé dans ta toile finement filée. J’implorerai toujours des mots que je désire entendre, ceux que tu ne me diras jamais.

J’aimerais sincèrement que tu me montres ta vulnérabilité, que tu t’ouvres. J’ai attendu patiemment, et j’y ai cru pendant des années, en vain.

Mais je sais aussi que mes attentes irréalistes me font lutter et souffrir. Et oui, j’ai conscience que c’est mon cœur blessé, battu, fracturé, désordonné et rempli d’amour qui me fait rester trop longtemps avec toi.

Tu as été une leçon pour moi, essentielle mais atroce. Tu étais un bâton pointu qui poussait sans relâche et cruellement en ouvrant des cicatrices, les forçant à saigner pour qu’elles soient un peu plus douloureuses.

Et j’avais besoin de toi.

Je ne te supplierai pas de revenir. Je ne perdrai pas de temps à essayer de te convaincre de ce que tu sais déjà au plus profond de ton être.

J’ai déjà assez donné, regardant bêtement l’histoire se répéter alors que tu m’ignorais, me rejetais et me laissais pour répondre à tes besoins en constante évolution.

Je ne me battrai pas contre le carnage juste pour que tu me laisses t’aimer. Et je ne me battrai pas pour te forcer à montrer que rien ne compte à tes yeux.

Parce qu’à tes yeux, faire des efforts n’est pas synonyme d’amour. Tu penses que c’est fou que quelqu’un continue d’aimer, même s’il n’est pas aimé de la même manière en retour.

Mais pour moi, c’était réel, rare et unique.

Et maintenant, la fin silencieuse et inévitable est arrivée.

J’ai toujours été terrifié à l’idée de te laisser partir, car je sais que cet amour inoubliable ne s’effacera pas, mais c’est encore plus difficile de rester.

Je risque peut-être de ne jamais combler ce vide, mais on ressent un vide tellement plus grand quand l’amour ressemble davantage à une guerre. Je pensais que le pire dans la vie, c’était de finir seul. Mais en réalité non. Le pire dans la vie, c’est de finir avec quelqu’un qui nous donne l’impression d’être seul.