lutte contre le changement climatique

La création de 18 millions d’emplois nous permettrait de limiter le réchauffement climatique en-dessous des 2 degrés recommandés par l’accord de Paris qui a été signé le 12 décembre 2015.

Par Antine Mercier. Le 10/04/2019

L’Organisation internationale du Travail (OIT) a estimé les pertes et les créations d’emplois qui auront inévitablement lieu, à cause de l’évolution de l’économie.

Selon elle, 6 millions de postes seraient supprimés et 24 millions verraient le jour.

Ainsi grâce à la généralisation de la transition verte, d’ici 2030 cela permettrait la création de 18 millions d’emplois.

L’agence tripartite des Nations Unis, qui rassemble les représentants des gouvernements, des employeurs et des employés de 187 Etats membres, avait déjà étudié les emplois verts que cela pourrait générer. Pendant la Conférence internationale du travail, en 2013, elle avait émis un rapport dans lequel on pouvait lire « des gains nets en matière d’emplois supplémentaires, entre 2010 et 2030, de 0,5 % à 2 % ».

L’économiste à l’OIT, Catherine Saget a publié un rapport dans lequel elle explique qu’ « il ne s’agit pas ici de comptabiliser les emplois verts à venir, mais d’étudier les gains et pertes dans tous les secteurs touchés par la mutation de l’économie. »
Donc selon l’OIT, la lutte contre le réchauffement climatique, pourrait créer bien assez d’emplois pour compenser les 6 millions d’emplois supprimés.

Création d’emplois en Amérique, Asie et Europe, et suppression d’emplois en Afrique

Cela profitera aux Amériques, en Asie, dans la zone pacifique, et également en Europe, qui gagneront respectivement, 3 millions, 14 millions et 12 millions d’emplois. En revanche, l’Afrique perdrait 350 000 emplois et le Moyen-Orient en perdrait 300 000. Cela est dû à leur dépendance aux énergies fossiles et aux mines.

14 des 163 secteurs économiques examinés supprimeraient plus de 10 000 emplois à l’échelle mondiale. Il y aurait plus d’1 million de postes en moins dans l’extraction pétrolière et le raffinage. Concernant le secteur de l’électricité, il y aurait une création de 2,5 millions d’emplois grâce aux énergies renouvelables, compensant donc la perte de 400 000 emplois dans les combustibles fossiles.

Par ailleurs, 6 millions d’emplois seraient créés avec le tri, le recyclage, la réparation, l’économie circulaire, la location, et la réutilisation d’objets. L’OIT souligne également le besoin de veiller à la qualité du travail effectué qui est bien souvent dangereux et qui ne bénéficie pas de protections sociales dans les secteurs informels.

Développement des formations et des protections sociales

On retrouve également l’essor de l’agriculture bio et de l’agriculture de conservation, ce qui permettrait également la création de nouveaux emplois, mais il est difficile de donner des chiffres.

L’OIT insiste sur le fait qu’il est absolument nécessaire de mettre au point des politiques appropriées afin de limiter les impacts négatifs et les diminutions de personnel à court terme induits par les mesures climatique.

Dans ce rapport, diverses aides possibles sont présentées. Par exemple, au Kenya, en cas de sécheresse, il y a un système qui envoie 42€ tous les 60 jours, envoyés à 25% des familles.

Nouveaux emplois dans la construction et les services

En France, on estime que 2,1 millions de postes, soit 8% des emplois, dépendent de la bonne gestion et de la durabilité d’un environnement sain. Concernant l’énergie, on pourrait assister à la suppression de 42 000 emplois, mais 155 000 nouveaux emplois seraient créés, ce qui compenserait donc largement les pertes. Par ailleurs, on observerait 86 500 nouveaux emplois dans la construction, 32 000 dans les services et 33 400 dans le secteur de la manufacture.

L’agence des Nations Unies examine également les impacts négatifs du réchauffement climatique sur l’économie au niveau mondial. Par exemple , dans l’agriculture, le réchauffement provoque des pertes économiques sèches. Selon les auteurs du rapport « le stress thermique provoquera une perte mondiale de 2 % des heures travaillées d’ici à 2030 pour cause de maladie ». Pour l’OIT, c’est une raison de plus pour développer des modèles économiques qui contribuent à lutter contre le réchauffement climatique.

Source : .lemonde.fr