parents sont alcooliques
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Jusqu’à mon adolescence, j’ai eu une mère alcoolique qui refusait de se faire soigner. Néanmoins, ce que je ne savais pas, c’est que l’alcoolisme ne touchait pas uniquement le buveur, mais également les enfants.

J’ai vécu une enfance particulièrement difficile et dysfonctionnelle.

Certains jours, tout était très calme, tandis que d’autres, il régnait un climat de rage à cause de l’alcool. La seule constante était le silence, car on n’a jamais discuté de l’alcoolisme et du dysfonctionnement de notre famille. J’étais seul pour tenter de comprendre ce qui se passait.

Je n’ai jamais réussi, car mon jeune cerveau était incapable de comprendre mes besoins non comblés et tentait d’apprendre à gérer dans le silence empreint de honte. Je me sentais totalement invisible et je croyais qu’on ne m’aimait pas. J’ai été obligé d’apprendre à me détacher pour gérer mes sentiments d’abandon et de négligence.

J’ai vécu cette vie jusqu’à mes 18ans, ensuite j’ai pris mon propre appartement pour m’éloigner de cette situation. Je croyais que tout était derrière moi et qu’une nouvelle vie heureuse m’attendait. Je pensais être sorti de cette vie indemne, plein d’espoir.

Mais je me trompais, j’étais bien plus affecté que je ne le pensais.

Je croyais chercher le bonheur que je n’avais jamais eu, mais en réalité je ne cherchais rien, je fuyais les problèmes qui me tourmentaient depuis mon enfance: insécurité et faible estime de soi, peur de l’abandon …

J’ai associé la codépendance au déni massif pour engourdir ma douleur et mon anxiété. Mais après des décennies à fuir, mes démons m’ont rattrapé et m’ont brisé.

Si vous avez vécu cela, sachez que d’autres personnes sont dans la même situation.

Nous luttons une fois que nous sommes adultes car nous n’avons jamais appris à établir des limites ou à prendre soin de nous pendant notre enfance. Nous n’avons jamais appris à nous attacher de façon saine. Nous avons appris toutes sortes de mécanismes d’adaptation malsains lorsque nous étions enfants et les avons perpétués à l’âge adulte.

Ce n’est qu’après avoir brisé ma vie à plusieurs reprises que j’ai fini par voir ma vie de façon objective. J’en enfin reconnu mes problèmes en tant qu’enfant de parent alcoolique. Et j’ai réalisé que j’étais le seul à pouvoir me guérir .

La première étape majeure a été d’examiner les 13 traits, qui selon moi, sont les plus importants pour identifier un enfant dont le parent est alcoolique :

1. Nous sommes devenus isolés et effrayés par les gens et les figures d’autorité.

2. Nous sommes devenus des demandeurs d’approbation et avons perdu notre identité pendant le processus.

3. Nous avons peur des gens en colère et des critiques personnelles.

4. Soit nous devenons alcooliques, soit nous trouvons un autre comportement compulsif, comme devenir des bourreaux de travail, pour répondre à nos besoins d’abandon.

5. Nous vivons la vie du point de vue des victimes et nous sommes attirés par cette faiblesse dans nos relations amoureuses et amicales.

6. Nous avons un sens des responsabilités surdéveloppé et nous nous inquiétons plus des autres que de nous-mêmes, pour éviter de voir nos propres fautes.

7. Nous ressentons de la culpabilité lorsque nous nous défendons au lieu de céder aux autres.

8. Nous sommes devenus dépendants à l’excitation.

9. Nous confondons amour et pitié et avons tendance à «aimer» les gens que nous pouvons «sauver».

10. Nous avons perdu la capacité de ressentir ou d’exprimer nos sentiments parce que c’est trop douloureux.

11. Nous nous jugeons sévèrement et avons une faible estime de soi.

12. L’alcoolisme est une maladie familiale, et nous avons repris les caractéristiques de cette maladie même si nous ne buvons pas.

13. Nous sommes dépendants, avons peur de l’abandon et ferions n’importe quoi pour garder une relation afin de ne pas éprouver les même sentiments douloureux d’abandon que nous vivions avec des personnes malades qui n’étaient jamais présentes émotionnellement pour nous.

J’ai mis du temps à reconnaître que je pouvais m’identifier dans chacun de ces points.

Nous sommes très nombreux à ne pas comprendre pourquoi nous souffrons autant et pourquoi une vie heureuse et joyeuse ne semble pas pour nous. Nous voulons tellement prendre nos distances avec nos parents alcooliques que nous n’avons jamais tenu compte des effets de notre éducation. Nous croyons que nous devons seulement «surmonter le problème», mais nous continuons inconsciemment à adopter des schémas malsains. Cela empêche le processus de guérison.

Mais nous pouvons changer cela en cherchant de l’aide dans des réunions de soutien, en suivant une thérapie ou les deux à la fois.

Il s’agit d’un processus de guérison complexe. Mais si nous parvenons à surmonter cette douleur, nous pouvons avoir une chance de vivre une vie pleine de relations saines que nous ne pensions pas avoir un jour. Nous apprenons que nous méritons aussi ce bonheur.

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