bientôt disparaître

Près d’un million d’espèces animales et végétales pourraient bientôt disparaître

BIODIVERSITÉ :La santé des espèces animales et végétales est tout aussi préoccupante que les alertes sur le réchauffement climatique.

Il semblerait qu’environ 1 million de ces espèces soient en danger d’extinction, dont de nombreuses dans les prochaines décennies. C’est ce que confirme un rapport de l’ONU sur la biodiversité.

Par Frédérique Dumont. Le 25/04/2019

Du 29 avril au 4 mai, à Paris, la plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES)  se réunira afin de faire la première évaluation mondiale des écosystèmes depuis 15 ans. Cette évaluation concernera entre autres les poissons, les forêts, les insectes pollinisateurs…

La sixième « extinction de masse » a déjà commencé

150 experts de 50 pays travaillent depuis 3 ans sur un rapport de 1800 pages. Il sera accompagné d’un « résumé pour les décideurs » dont on doit discuter ligne par ligne, et devrait être adopté par les 130 pays membres de l’IPBES, sur le modèle des rapports du Giec sur le climat. Plusieurs « preuves indépendantes dénoncent une accélération rapide imminente du taux d’extinction des espèces (…) même si les facteurs (de cette extinction) ne s’intensifient pas ».

Ainsi, sur les 8 millions d’espèces existantes, dans le texte on peut lire que « un demi-million à un million d’espèces devraient être menacées d’extinction, dont beaucoup dans les prochaines décennies ». Ces prévisions inquiétantes correspondent aux avertissements de nombreux scientifiques qui pensent que nous sommes entrés dans la sixième «extinction de masse». Par ailleurs, nous avons déjà éliminé pas moins de 680 espèces de vertébrés en 500 ans.

Les premiers responsables de cette extinction sont l’agriculture, la pêche et la chasse.

Ainsi, l’extinction de près d’1 million d’espèces aura un impact direct sur l’Homme, que ce soit pour la nourriture, l’énergie ou les médicaments. « Les apports que les gens tirent de la nature sont indispensables pour l’existence et la richesse de la vie humaine sur Terre, et la plupart d’entre eux ne sont pas totalement remplaçables », avertit le rapport. Plus de 2 milliards de personnes se chauffent au bois, 4 milliards se soignent grâce aux plantes et 3/4 des cultures ont besoin des insectes pollinisateurs. Les principaux responsables de cette extinction sont l’agriculture, l’exploitation forestière, et l’exploitation des ressources qui sont bien loin d’être inépuisables.

Le changement climatique, la pollution et les espèces invasives ont un impact relativement moins important à ce jour, mais il s’intensifie de plus en plus. Mais le texte met aussi en avant les rapports entre la disparition de la biodiversité et le réchauffement climatique, parfois encouragés par les mêmes facteurs, surtout le modèle agricole dans un monde où il y a de plus en plus de gens à nourrir. Par ailleurs, selon le rapport, 75% des surfaces terrestres, 40 % des océans, et 50% des cours d’eau ont déjà été profondément endommagés.