ibuprofène nuirait à la fertilité des futures filles

Le 5 Février 2018. Image crédit : Pixabay

Pris pendant la grossesse, l’ibuprofène nuirait à la fertilité des futures filles

Attention à ce médicament pendant la grossesse : des chercheurs français viennent de découvrir qu’une consommation d’ibuprofène durant les 3 premiers mois de la grossesse pouvait nuire à la fertilité des futures filles.

Pendant la grossesse, l’automédication est un réflexe dangereux qui peut nuire à la santé et au développement du futur bébé. De nombreux médicaments sont d’ailleurs contre-indiqués chez les femmes enceintes et, parmi eux, l’ibuprofène.

Prendre un antalgique est déconseillé durant les premiers mois de grossesse. Tout spécialement l’ibuprofène, comme vient de le démontrer une équipe française.

La prise d’ibuprofène au cours de la grossesse peut nuire à la santé de l’enfant, et plus particulièrement à la fertilité future s’il s’agit d’une fille.

Pour en arriver à cette conclusion, les scientifiques ont travaillé avec des tissus ovariens prélevés sur 185 fœtus entre 7 et 12 semaines de développement. Grâce à plusieurs expériences, ils ont découvert que l’ibuprofène pouvait traverser la barrière placentaire et perturber la croissance des cellules qui, plus tard, formeront les follicules ovariens – il s’agit des « petits sacs » dans lesquels se développent les ovocytes, indispensables à la reproduction.

Prendre des antalgiques durant la grossesse peut nuire à la santé de votre bébé. Et non seulement ça, mais à sa fertilité future si c’est une fille ! C’est la conclusion d’un travail réalisé par une équipe de chercheurs français dirigée par Séverine Mazaud-Guittot (Inserm, université de Rennes) avec l’ibuprofène. Pour le démontrer, les chercheurs ont été contraints d’utiliser des cultures cellulaires. En effet — et on comprend aisément pourquoi —, aucune étude épidémiologique n’est capable d’établir de lien entre la prise d’un médicament durant la grossesse d’une mère et les conséquences de ce traitement sur les capacités reproductrices de sa fille… des décennies plus tard.

Des études sur le garçon avaient bien pointé du doigt les effets néfastes des antalgiques causant la non-descente des testicules ou une malformation de l’urètre. Mais chez la fille, tout restait à faire. Seules des études animales sur la souris ou sur le rat femelles avaient montré que l’ibuprofène entraînait un moindre stock de cellules reproductrices, occasionnant ainsi une réduction de la période de reproduction. Restait à le démontrer sur des cellules humaines. “Nous avons cultivé des fragments ovariens que nous avons exposés à des doses d’ibuprofène analogues à celles d’une posologie classique“, détaille Séverine Mazaud-Guittot.

Attention au danger l’automédication !

Le résultat, publié dans le journal Human Reproduction, a totalement stupéfait les chercheurs:

Exposer à de l’ibuprofène des ovaires correspondant au premier trimestre de grossesse provoque une diminution drastique du nombre de cellules germinales. Et ce dès le deuxième jour d’exposition!” Comme le souligne la chercheuse: “Notre travail vient donner du grain à moudre aux recommandations actuelles, très strictes, et qui préconisent d’éviter la consommation d’anti-inflammatoires non stéroïdiens comme l’ibuprofène lors du premier et du deuxième trimestre. Seulement, reste le problème de l’automédication, surtout au tout début lorsque la grossesse n’est pas forcément identifiée.“

À présent, les chercheurs s’apprêtent à mener des recherches analogues avec un autre antalgique, le paracétamol, mais la difficulté risque d’augmenter d’un cran. “Si les effets observés sont spectaculaires avec l’ibuprofène, nous savons déjà qu’ils le seront moins avec le paracétamol, un antalgique plus léger. Il va donc nous falloir étudier beaucoup plus de cas.“

Si les recommandations actuelles disent que l’analgésique ne doit pas être pris après 24 semaines de grossesse, car il est connu pour augmenter les risques de malformations fœtales, il n’y a pas de directives précises sur sa consommation au cours des premières semaines, souligne l’étude qui rappelle que 30% des femmes utilisent l’ibuprofène au cours des trois premiers mois de la grossesse.

Pour consulter l’étude : https://academic.oup.com/humrep/advance-article/doi/10.1093/humrep/dex383/4831088

Source : / /www.sciencesetavenir.fr/

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