Je disais toujours que mon anxiété était due à mon empathie, mais j’avais tort

anxiété était due à mon empathie

Le 8 novembre 2018. Image crédit :depositphotos.com

Je disais toujours que mon anxiété était due à mon empathie, mais j’avais tort

Par Louise Meunier

Ces derniers mois, je me suis retrouvé dans un nuage noir d’angoisse.

Le style d’anxiété qui me donne envie de me cacher sous la couverture la plus épaisse et la plus douce pendant plusieurs semaines. Le style d’anxiété qui me donne envie de me gaver de chocolats. Le style d’anxiété qui me donne la certitude de ne pas pouvoir faire face à la vie.

Donc, je suis assis là , en train de me répéter que mes attaques de panique et ma nervosité sont dues à mon âme d’empathe.

«J’absorbe trop l’énergie des autres», me répétais-je.

«Je ressens juste la peur du monde», me répétais-je.

«Je ne fais que sentir la tristesse de cette femme, de cet étranger, de cet ami», me répétais-je constamment.

Aujourd’hui, j’ai cessé de croire cela.

Oui, je me ressens beaucoup l’énergie des autres. Je l’ai toujours fait et je le ferai toujours , c’est comme ça.

Mais je sais aussi faire la différence entre mes propres émotions et celles des autres.

Et c’est ça qu’il est difficile de surmonter.

Car il est bien plus facile de regarder le monde et de dire héroïquement: «Oh, comme ça fait mal de ressentir ta peur, ta colère, ta panique, ta rage. »

C’est tellement plus facile de dire cela, plutôt que de dire ce qui est vraiment, douloureusement vrai:

« J’ai peur.»

« Je suis triste. »

« Je suis en colère. »

Ça ne semble pas héroïque, fantaisiste ou beau, ça paraît simplement vulnérable. Ça paraît tristement humain. Mais il y a tellement de pouvoir. Il y a du pouvoir parce que c’est honnête. C’est vrai.

Le monde est sombre et effrayant, étrange et graveleux, et moi aussi.

Vous aussi.

Nous le sommes tous.

Ça ne peut pas toujours être la douleur du monde. Ou la tristesse d’un étranger. Ou la dépression et les ténèbres d’un être cher.

Souvent, la vérité est que ces émotions que nous ressentons sont les nôtres. Celles de personne d’autre.

Mais c’est normal. C’est beau.

Arrêtons de jouer le rôle de l’empathe torturé.

Je dis cela avec bienveillance, car nous méritons tellement mieux.

Nous pouvons avoir une âme sensible, et avoir de l’empathie.

Mais surtout, nous pouvons être des êtres humains imparfaits, incroyablement vulnérables, des êtres humains effrayés et en difficulté. Des êtres humains avec des fissures et des crevasses et des ecchymoses dans le cœur. Des êtres humains qui découvrent tout cela, jour après jour, instant après instant. Des êtres humains qui échouent, font des erreurs, sont confus et perdus.

Oui, nous sommes sensibles, et les sentiments rugissent en nous comme des vents violents et électriques, mais nous ne sommes pas de précieuses petites créatures.

Nous sommes des êtres humains forts, avec un cœur résistant.

Et ne pensez pas une seconde que nous sommes destinés à nous cacher de la vie dans une petite bulle sécuritaire.

Nous sommes destinés à la gérer.

Nous sommes incroyablement forts, chacun de nous.

Donc, à partir de ce moment, Je refuse de regarder le monde et de me lamenter désespérément: «Pourquoi suis-je aussi sensible? »

Alors aujourd’hui, je possède ma peur. Je possède ma rage.

Je n’ai plus honte.

Parce qu’en y faisant face, nous pouvons guérir.

Nous pouvons grandir.

Nous pouvons découvrir le pouvoir exquis d’être des humains.

Ne regardez pas toujours à l’extérieur. Ne soyez pas si sûr que c’est de l’empathie ou de la sensibilité, ou tout autre concept magnifique.

Parfois c’est simple.

Ce que nous ressentons, ce sont nos propre émotions indésirables: notre rage, notre peur, notre insécurité.

Et ce n’est pas joli, mais ça ne doit pas forcément l’être.

Ce ne sont que des morceaux de notre cœur.

Donc possédez-les, avec grâce et bienveillance.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*