Je suis désolé pour toutes les fois où j’ai été un mauvais ami à cause de mon anxiété

Le 27 mars 2018. Image crédit : Pixabay

Je suis désolé pour toutes les fois où j’ai été un mauvais ami à cause de mon anxiété

Lorsque j’ai commencé à être honnête envers mon entourage à propos de ma santé mentale, j’ai constaté une grande amélioration dans toutes mes relations.

Il y règne un climat de confiance. Désormais, nous pouvons avoir des sujets de conversation plus significatifs. Depuis que j’ai commencé à m’ouvrir aux autres, ils ont eu aussi commencé à s’ouvrir.

Et ça m’a fait réfléchir au temps que j’ai passé à ne pas être un bon ami quand je ne m’ouvrais pas sur ce que je surmontais (dépression, anxiété, attaques de panique et pensées obsessionnelles).

Je suis désolé.

Je suis désolé pour toutes les fois où je ne vous ai pas envoyé de message parce que j’ai trop réfléchi à une réponse , puis j’ai décidé que vous ignorer complètement vous ferait moins me détester que de prendre quelques heures pour répondre à votre message.

Je suis désolé d’avoir refusé vos appels, parce que j’avais peur de vous avouer que vous m’aviez réveillé, car le dimanche je suis encore au lit à 15h.

Je suis désolé d’avoir annulé nos projets à la dernière minute parce que, après m’être préparé beaucoup trop tôt, mon anxiété m’a rappelé tous les dangers à l’extérieur de ma maison, et elle a pris le dessus sur moi.

Je suis désolé d’avoir menti, d’avoir fait semblant de faire une intoxication alimentaire ou d’autres engagements.

Il y a encore certaines choses dont je ne suis pas très fier:

Toutes les fois où j’ai pris mes distances parce que je ne voulais pas que vous sachiez que je n’étais pas moi-même. Les fois où je me suis fâché sans raison, où j’étais irritable et où j’ai décidé que l’option la plus facile était de vous éloigner de ma vie au lieu de vous laisser entrer.

Les moments où je n’étais pas complètement investi dans nos conversations, quand j’ai perdu mon attention pendant que vous me racontiez ce qui vous arrivait, parce que j’étais trop occupé à penser que j’étais un raté.

Les fois où j’ai dérivé parce que je n’avais pas l’impression de pouvoir vous suivre, de sortir, de courir le matin, de travailler avec vous.

Je me suis senti embarrassé.

J’avais honte que les choses les plus simples soient devenues tout à coup impossibles, que mon cerveau ne soit plus un endroit sûr pour moi.

J’avais honte d’avoir peur des interrupteurs allumés, des portes ouvertes, des pas derrière moi.

J’avais peur que vous ne puissiez pas me comprendre. Je suis désolé que mon cerveau m’ait dit que je ne pouvais pas vous faire confiance ou compter sur vous.

C’est ce qui caractérise la dépression : elle devient votre plus grand secret et votre amie la plus proche, et éloigne tout le monde dans le processus.

La dépression cache la personne que les gens connaissent et aiment. Cela vous rend irritable, renfermé, soudainement désintéressé de toutes les choses que vous aimiez.

Votre esprit vous dit que vous ne méritez pas d’avoir des amis et des êtres chers, et vous fait croire que si vous disiez ce que vous vivez à quelqu’un, il serait effrayé.

C’est pourquoi c’est si effrayant de s’ouvrir et d’être honnête. Vous avez peur d’être rejeté. Qu’on vous dise quelque chose qui vous pousse à bout.

Faire confiance à quelqu’un avec votre plus lourd secret donne du pouvoir aux autres: le pouvoir de vous blesser ou de vous aider à aller mieux.

Pour éviter cela, j’ai repoussé les gens.

Je suis devenu un bon acteur. Je disais que j’allais bien, que j’avais quelque chose de prévu quand on me proposait quelque chose, je veillais à parler de sujets «sûrs» lorsque nous parlions pour garder les choses sous contrôle.

Je n’étais pas un bon ami parce que je n’étais pas moi-même. Je ne laissais pas entrer les gens. Et je suis désolé pour ça, parce que ça a détruit beaucoup d’amitiés, j’ai raté des années de belles discussions avec mes parents, car je ne voulais pas qu’ils sachent ce qui se passait dans ma tête , et cela m’a empêché de tisser des liens avec de nouvelles personnes. Je travaille sur ça maintenant.

J’apprends que les gens qui m’intéressent s’intéressent aussi à moi. Ils ne me détesteront pas juste parce que je suis triste, ou ne me jugeront pas parce que j’ai peur, ils veulent juste que j’aille bien.

J’apprends à faire confiance aux gens. J’apprends à écouter les gens que j’aime et j’essaie de ne plus écouter plus la voix négative dans ma tête qui me dit que tout le monde me déteste.

C’est normal d’avoir besoin d’un peu d’aide de la part des gens de ma vie pour traverser une période un peu difficile.

Les gens que je veux dans ma vie ne sont pas ceux qui me laisseront tomber au moindre problème qui se présente. Ces personnes m’écoutent quand j’en ai besoin, elles savent maintenant qu’elles peuvent également s’ouvrir à moi, et m’aident à rester sain d’esprit tous les jours.

Maintenant que j’en ai fini avec les excuses, même si je pense qu’il y en aura d’autres à venir, je voudrais dire merci. Merci à tous ceux qui sont restés quand je n’ai pas forcément été un très bon ami en retour.

Une réponse à “Je suis désolé pour toutes les fois où j’ai été un mauvais ami à cause de mon anxiété”

  1. Je te pardonne, parce que je t’aime et que je veux le meilleur pour toi, et saches que je prie tous les soirs mon ange gardien pour qu’il te protège et que tu sois heureux : heureux avec moi et les autres.
    Tu n’as pas à avoir honte, ni avoir peur. Je serai toujours là pour toi, et ce qui est bien avec une amie, c’est que tu peux tout lui dire, elle ne te jugera pas, elle sera là pour toi, pour te relever, pour t’apaiser. Elle comprendra tes besoins de solitude, et saura, quand être près de toi.
    Tout simplement, parce que je t’aime

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