Le 30 Mars 2018. Image crédit : Pixabay

Je suis la gardienne qui veille sur ma famille

Je suis la gardienne des plannings. Des entraînements, des jeux et des leçons. Mais également des projets, des fêtes et des dîners. Des rendez-vous et des devoirs.

Je suis la gardienne de l’information. Je sais qui a besoin de nourriture 5 minutes avant qu’une crise ne se produise et qui a besoin d’espace quand il se met en colère. Je sais s’il y a des vêtements propres, si les factures sont payées, et si nous sommes en rupture de céréales.

Je suis la gardienne des solutions. J’ai toujours des sparadraps et des kits de couture et des collations dans mon sac à main. Mais aussi des baumes émotionnels et des couvertures de sécurité métaphoriques.

Je suis la gardienne des préférences. Je connais les goûts et les dégoûts de chacun. Les rituels nocturnes et des aversions alimentaires.

Je suis la gardienne des rappels. Je suis gentille, je ramasse leurs déchets, fais leur vaisselle, les aide à faire leurs devoirs et écris des notes de remerciement.

Je suis la gardienne des rituels et des souvenirs. Des chasses aux oeufs de Pâques. Je suis celle qui prends les photos, qui collectionne les ornements spéciaux et j’écris les lettres.

Je suis la gardienne de la sécurité émotionnelle. De tout le monde. Le référentiel de confort, le navigateur de mauvaise humeur et le détenteur de secrets.

Je suis la gardienne de la paix. Le médiateur des combats, l’arbitre des conflits, le facilitateur du langage, le gestionnaire des personnalités différentes.

Je suis la gardienne de l’inquiétude. Des leurs mais aussi des miennes.

Je suis la gardienne du bien et du mal, du grand et du petit, du beau et du dur.

Parfois, le poids de ces choses que je garde m’entraîne sous la surface jusqu’à ce que je donne des coups de pied et que j’aie du mal à faire surface et à respirer.

Parce que ces choses que je garde sont constamment en mouvement à l’arrière de mon cerveau, attendant d’être oubliées. Elles dispersent mes pensées et me gardent éveillée longtemps après mon heure de coucher.

Parce que toutes ces choses que je garde sont invisibles, intangibles. Elles passent inaperçues et ne sont pas reconnues jusqu’à ce qu’on s’aperçoive qu’elles manquent. Elles ne sont pas notées, évaluées par des pairs ou jugées par un tribunal. Et parfois on les considère comme acquises.

À toutes celles qui sont des gardiennes, je vous vois.

Je connais le poids des choses que vous gardez et je sais que le travail invisible que vous faites est ce qui fait tourner le monde.

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