Alimentation : la nourriture est-elle une drogue ?

Hamburger, Alimentaire, Viande, Savoureux

Alimentation : la nourriture est-elle une drogue ?

Et si le problème des obèses était en fait le même que celui des alcooliques, des toxicomanes, des fumeurs, … Et si la nourriture avait sur certaines personnes l’effet d’une drogue ?

Kay Sheppard, une mère de famille installée en Floride, se considère comme une ancienne accro à la nourriture. Elle raconte au magazine américain Newsweek comment elle passait son temps à faire des aller-retours au supermarché pour acheter des cookies, du chocolat, des gâteaux,…

qu’elle finissait bien souvent par engloutir avant même d’être arrivée chez elle. Kay Sheppard se souvient également avoir dû racheter cinq fois la boîte de chocolats qu’elle avait prévu d’offrir à son père pour Noël car elle n’avait pu résister à la tentation de tous les dévorer.

Pour certains, lorsque soumises à un grand stress, perdent du poids. Mais la plupart prennent beaucoup de poids et les calories inscrites sur les emballages des fast food n’aident pas à nous motiver. Ce qui déclenche le processus de manger alors qu’on n’a pas faim est le sentiment de désespoir. La source du problème peut être un parent malade de qui vous devez prendre soin, une longue période de chômage ou un patron trop exigeant etc. si vous n’avez pas d’autres issues que de continuer dans votre situation stressante, il y a plusieurs façons de mieux vivre ce stress au lieu de succomber à la nourriture pour taire nos émotions.

Le style de nourriture sur laquelle on se jette quand on est peiné ou en période de stress est généralement une nourriture grasse comme les fritures, le beurre, la glace et la charcuterie. Mais malheureusement, comme toute autre drogue, l’effet de cette alimentation ne dure pas longtemps et nos émotions reviennent à la charge.

Le soulagement momentané que nous procure cette alimentation diminue aussi nos fonctions cognitives. On n’arrive plus à réfléchir correctement et notre capacité d’analyse est affectée. On devient donc comme une sorte de zombie, incapable de ressentir quoi que ce soit et incapable de réfléchir.

En substituant les aliments riches en gras par des aliments hauts en carbohydrates et en sucres lents vous allez produire de la sérotonine et mieux vous sentir grâce à des neurotransmetteurs plus actifs.

Est-ce que cette prise de poids peut être prévenue ?

La American Medical Association a désigné l’obésité comme étant une maladie qui accompagne une prise de poids excessive. Un porte-parole de l’organisation a comparé cette pathologie au cancer du poumon et au fait de fumer. Si le cancer du poumon est une maladie, il est causé par le fait de fumer. La même chose est vraie pour l’obésité qui est une maladie qui résulte du fait de trop manger. Alors comment faire pour aider une personne à mieux gérer son stress sans avoir à trop manger ?

Doit-on attendre que la personne soit obèse avant d’intervenir ?

Non. Comme dans le cas du cancer du poumon, on n’attend pas que la personne le développe pour lui demander d’arrêter de fumer. Il y a des campagnes de prévention à longueur de journée et partout où on pose les yeux pour prévenir les gens des dangers de la cigarette. La même campagne de sensibilisation devrait se faire pour ce qui est de l’alimentation et de l’obésité. Comme mentionné plus haut, il ne suffit pas de mettre les valeurs nutritionnelles sur un emballage. Il faut faire des campagnes de fond pour informer la population et lui proposer de l’aide adéquate.

Poulet Frit, Poulet, Frit, Croquant, La Volaille

Alors lorsque vous vous sentez déprimé ou stressé, suivez ces quelques étapes avant d’ouvrir votre frigo :

  • Fermez les yeux et prenez une grande respiration.
  • Buvez un grand verre d’eau et attendez quelques minutes.
  • Si vous avez toujours faim mangez une poignée de noix et des fruits secs ou une tranche de pain multi grains biologique.
  • Essayez d’identifier les émotions que vous ressentez au moment même et détachez-vous en
  • Regardez si vous pouvez faire quelque chose pour régler votre situation. Si oui tant mieux, si non, essayez de trouver le meilleur moyen de la vivre et de passer au travers.
  • Détendez-vous.

Une étude de Paul Johnson et Paul Kenny du Scripps Research Institute à Jupiter en Floride et relayée par le site d’information L’Express ont souligné des caractéristiques similaires à l’addiction chez les obèses. Le cerveau des obèses réagirait à la prise de nourriture de la même manière que celui des personnes dépendantes d’une drogue. Ensuite, le comportement consistant à manger au-delà des besoins énergétiques est le même que le comportement compulsif des toxicomanes.

« Dans cette étude, les animaux ont complètement perdu le contrôle de leur comportement alimentaire, premier signe de l’addiction. Ils continuaient à se suralimenter même lorsqu’ils anticipaient un choc électrique, ce qui montre bien combien ils étaient motivés pour consommer de la nourriture appétissante », a expliqué Paul Kenny.

Mais si cette théorie est plausible, certains chercheurs jugent qu’une partie des données n’est pas suffisamment consistante pour valider cette hypothèse. C’est le cas de Paul Fletcher, spécialiste des neurosciences à l’université de Cambridge, interviewé par Newsweek qui estime également que la définition d’une addiction est stricte et « l’addiction » à la nourriture ne répond pas tout à fait à cette définition. La communauté scientifique spécialiste des abus de substances, utilise une définition stricte de l’addiction qui prends en compte des éléments qui vont au delà de la simple prise de plaisir, comme l’évolution du seuil de tolérance, l’apparition de perturbations dans la vie quotidienne, et ce longtemps après la prise de drogue. Ce qui n’est pas le cas de la nourriture.

Si la sciences parvient à démontrer qu’il y a addiction à certains produits alimentaires riches en sucres et en graisses, alors cela pourrait non seulement avoir un impact sur la façon que l’on a de traiter l’obésité mais aussi sur la façon dont certains produits sont marketés, et peut-être même taxé. Un argument qui n’est pas sans rappelé ceux avancés lors du débat sur la taxe sur les sodas.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*