Le jour où j’ai été exaspérée par la parentalité positive

Le 18 Mai 2018. Image crédit : Pixabay

Le jour où j’ai été exaspérée par la parentalité positive

Instragram, Google Facebook, et autres « Big brother » d’internet doivent bien sentir que je suis en galère avec mes enfants. Qu’à la maison ça crie (enfants et parents), ça pleure (enfants et parents) et qu’on est parfois (souvent) au bout du rouleau puisqu’en contenu sponsorisé ils ne me proposent QUE des vidéos et des articles sur la parentalité positive et l’éducation bienveillante.

Vous y voyez des mères vous parler comme si vous étiez la dernière des idiotes qui n’a rien compris à la vie et vous expliquer comment éduquer vos enfants sans crier, sans punir, sans fessée, sans vous énerver, sans chantage, sans sucre, sans arrête, sans pirouette, sans claquette. Mais dans l’amour !! La bienveillance !! La zen attitude !! (Oui parce que vous ne pratiquez pas à la lettre leurs préceptes c’est que forcement vous ne mettez pas d’amour dans votre éducation, vous êtes de mauvais parents, pour faire simple).

Alors sur le fond dans ces vidéos ces femmes ont raison. Leur discours n’est tout simplement que du bon sens. Hurler sur un petit pour lui dire d’arrêter de crier… effectivement… ce n’est pas d’une logique sans faille. Elle vous explique le fonctionnement du cerveau immature de nos enfants. Là encore, c’est très intéressant. Si, si, vraiment.

Mais à aucun moment elles ne vous disent que vous allez en baver. Que parfois ce sera dur. Que vous allez échouer. Que vous allez crier encore. Que parfois votre journée fera que vous n’aurez pas la patience de répéter 7 fois la même chose, avec bienveillance et un grand sourire en vous accroupissant à hauteur de l’enfant « Mon très cher chérubin, que faut-il mettre après la douche pour aller se coucher au lieu de courir tout nu en énervant tes sœurs et en sautant contre les murs ? Ouiiii ton pyjama! Bravo des pieds ma petite. Je vais aller fêter ça maintenant. Je te prie de m’excuser. »

En plus, dans la plupart de ces sites ou de ces bouquins en plus d’omettre le fameux chapitre « Ce qui va suivre n’est pas facile, essayez et faites de votre mieux », ils oublient aussi très souvent un cas de figure… les familles qui ont plusieurs enfants. Elles sont là, à vous expliquer comment elles font quand Charles-Henri pique une petite colère devant son assiette de tofu… Mais vous, c’est de trois « démons » dont vous devez vous occuper. En même temps.

Alors mes dames, vous m’excuserez… quand j’en ai une qui hurle que c’est pas bon, l’autre qui pouffe de rire en mettant dans son nez des grains de maïs et que le grand joue au tambour avec ses couverts… tout ce bruit là, plus la fatigue des 6 dernières années, plus mon histoire personnelle, mes petites casseroles que je traîne, plus les papiers en retard, le trou dans ma chaussette, mes règles qui arrivent, une de garde de pompier dans les jambes, le stress de ma reconversion… oui… oui j’avoue, j’ai hurlé. Je leur ai même dit qu’ils étaient insupportables ! Peut-être même que j’ai ajouté un « putain » de derrière les fagots.

Alors sermonnez-moi. Traitez-moi de malveillante puisque je ne suis pas bienveillante. Flagellez-moi. Exposez-moi encore comment je suis une mauvaise mère avec vos grands sourires. Spamez-moi avec vos pubs facebook « la parentalité bienveillante » et des photos de gosses qui pleurent en illustration pour bien me faire culpabiliser. Puisque que dans votre monde tout n’est que perfection et facilité. Tout n’est que noir ou blanc.

Ici, on vit dans le gris, mais un joli gris, DES jolis gris. Avec nos hauts et nos bas… à nous 5. Avec les humeurs de nous cinq. Avec nos caractères. Nos histoires personnelles. On fait ce qu’on peut avec ce qu’on a. On a de la colère. De la fatigue. Mais on a énormément d’amour. Et de mots aussi. Des « pardon » des « je vais faire des efforts » ou encore des « je vais essayer de me calmer ». En fait, c’est ça. Ici, on essaie. On rate. On recommence. On doute. On avoue nos fautes à nos enfants. On leur dit que même les adultes parfois, ben… ils n’y arrivent pas. Mais qu’on y travaille. On leur dit également et surtout qu’on les aime. Comme ils sont… dans toutes leurs nuances de gris.

Source : shivamama.fr

2 commentaires à propos de “Le jour où j’ai été exaspérée par la parentalité positive

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