meilleure chose à faire est de partir

Le 9 Novembre 2018. Image crédit :depositphotos.com

Lorsqu’on ne nous demande pas de rester, la meilleure chose à faire est de partir

Par Louise Meunier

Subitement, j’ai réalisé que tu ne m’avais jamais demandé d’attendre, donc partir me semble être la seule chose à faire.

Encore maintenant, je ne veux pas réellement m’éloigner de quelque chose que je n’ai jamais connu avec qui que ce soit, mais je ne peux pas continuer à te choisir, car je ne suis pas choisie.

Même si tu ne m’a pas dit que tu ne voulais pas que je renonce et que je parte, je ne le voulais pas non plus.

Mais tu me l’as laissé entendre dans les mille moments de silence que tu as mis entre nous.

Je sais que le monde de la solitude dans ta tête semble parfois être l’endroit le plus sûr qui existe et que les fantômes des souvenirs te retiennent, te faisant tout remettre en question.

Je sais que tu es quelqu’un qui a besoin d’un peu de temps pour comprendre la vie, mais je ne peux pas être exclue.

D’une certaine manière, le plus déchirant est de savoir si je te vois la semaine prochaine, l’année prochaine ou même dans 10 ans à partir de maintenant, nous pourrions reprendre exactement là où nous avons arrêté.

Tout un tas de chaos difformes de belles affaires inachevées, et mes yeux brûleront toujours, ce qui te fera trembler jusqu’aux pieds.

Je suis plus sûre de cela que d’autre chose, car nous croyons maintenant aux âmes sœurs.

Même toi.

Ce n’est pas que cela fasse une différence, mais on nous a montré une réalité à laquelle aucun de nous ne croyait auparavant.

Et cela a changé nos mondes pour toujours.

Le mien sera toujours doux-amer car je me suis ouverte à toi plus qu’avec n’importe quel autre homme, et tu garderas toujours le souvenir d’une femme qui t’a fait ressentir des choses que tu ne croyais pas possibles.

Même quand j’ai entrepris ce voyage, je savais que je prenais un risque, non pas parce que je voulais être blessée, mais parce que tu m’avais dit que tu avais peur et que tu fuyais dans le passé. Tu me fuyais aussi.

Je savais qu’il y avait toujours le risque que tu te sauves. J’espérais juste que tu me prendrais la main et que nous nous retrouverions ensemble dans un avenir meilleur que nous n’avions pas imaginé.

Et donc j’ai attendu, avec un cœur patient et une âme pleine d’espoir. J’ai rêvé qu’au lieu d’être effrayé, tu aurais l’inspiration de t’attaquer à une chose inexplicable, dont tu ne pourrais jamais te lasser.

Mais ensuite j’ai réalisé que j’avais attendu sans qu’on me le demande.

Et même si tu n’as jamais dit adieu, tu n’as jamais vraiment dit bienvenue non plus.

Parfois, à la fin, il n’y a plus rien à dire et parfois nous sommes submergés de pensées de toutes les choses que nous n’avons pas eu le courage de dire.

Le pire, c’est que je connais bien ton cœur et ton âme.

Tu as dit que je te connaissais mieux que toi-même et c’est vrai. Mais malgré cela, je ne peux pas oublier ce qui a été fait.

Je ne peux pas te laisser les yeux clairs pour voir ton avenir et je ne peux pas te montrer ce que à quoi tu renonces. Tu dis au revoir à tout ce que tu as toujours voulu, sans pour autant prendre la peine de l’obtenir.

Je suis sûre que tu trouveras le bonheur, car comme moi, c’est ta nature , cependant ce ne sera jamais avec moi, mais tu le savais déjà.

Parce qu’il est parfois plus facile de s’installer que de pourchasser ce qui est incroyable, parce que si la réalité de notre fantasme se réalisait et s’asseyait sur nos genoux, l’accepterions-nous vraiment?

Je ne sais pas si je te l’avais déjà dit, mais j’avais peur aussi.

J’avais peur de te montrer qui j’étais exactement et, plus important encore, de rater quelque chose qui paraissait si différent de tout ce que j’avais déjà vécu.

Mais peu importe ce qui m’a fait peur, car ça ne concerne pas que moi.

Je suis restée, ramassant les petites miettes, pensant qu’un jour, on me donnerait plus que des morceaux.

J’espérais qu’en fin de compte, ma loyauté finirait par être récompensée.

Mais je sais maintenant que ce n’est pas toujours le cas.

Parfois, ce qui est censé être échoue, par nos tendances les plus humaines à ruiner ce que nous ne pouvons pas expliquer, et parfois, c’est la peur qui triomphe.

Car même si je ne sais pas réellement comment partir, j’ignore aussi comment rester.