Les ados ont tendance à souffrir d’anxiété et à vouloir toujours se perfectionner. Mais les encourager à développer leurs forces et à voir au-delà d’eux-mêmes peut favoriser le développement de leur estime de soi.

Par Éric Fontaine. Le 08/02/2019

Personne ne veut de moi. Je suis nul à l’école. Tous mes autres amis paraissent heureux. Qu’est-ce qui ne va pas chez moi?

Nous entendons de plus en plus souvent ces pensées négatives dans nos maisons et nos écoles. Les ados sont de plus en plus anxieux et des études indiquent que les étudiants au Canada, aux États-Unis et au Royaume-Uni deviennent de plus en plus perfectionnistes au fil du temps et ont des normes de plus en plus irréalistes.

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Une étude réalisée en 2018 auprès de jeunes ados indique que le concept de soi (votre perception de soi) joue un rôle essentiel dans le bien-être émotionnel. Selon l’étude, un environnement de classe favorable et des relations sociales positives influencent aussi le bien-être des ados, mais l’impact est indirect. Une image de soi positive semble être la variable clé de l’équation du bien-être.

Alors, comment pouvons-nous influencer la façon dont les étudiants se voient? De nombreuses recherches donnent des indices pour aider les adolescents de votre vie.

Voici donc cinq façons d’aider les ados à développer leur confiance en soi :

1. Encourager les ados à avoir une activité physique

Les enfants peuvent réellement bénéficier d’exercices réguliers (surtout lorsqu’ils ont tendance à s’asseoir devant un écran). Une étude récente de 38 études internationales indique que l’activité physique peut améliorer l’estime de soi et la confiance en soi chez les enfants et les ados.

En revanche, les élèves qui ont participé à des activités supervisées dans des écoles ou des gymnases ont signalé un développement de l’estime de soi plus significatif que ceux qui ont fait de l’exercice chez eux ou dans d’autres contextes.

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Le concept de soi des ados est le plus étroitement lié à leur sens de l’attrait physique et à leur image corporelle. Encouragez donc les programmes d’exercice plus réguliers pendant et après l’école, et soutenez les sports d’équipe, la course, le yoga et la natation, non seulement pour leurs effets sur le corps, mais aussi pour l’esprit.

2. Se concentrer sur la compassion de soi (pas l’estime de soi)


L’estime de soi est une évaluation globale de votre valeur globale, elle comporte des dangers. Qu’est-ce que j’accomplis? Suis-je assez bon?

Mais que se passerait-il si nous pouvions arrêter de nous juger? La chercheuse Kristen Neff affirme que la compassion de soi, se traiter avec gentillesse et acceptation, constitue une alternative saine aux efforts incessants et à la performance souvent liés à l’estime de soi.

Dans son étude sur les adolescents et les jeunes adultes, elle a constaté que les participants ayant une plus grande compassion envers eux-mêmes manifestaient un plus grand bien-être. C’est parce qu’ils acceptaient leurs défauts, reconnaissaient qu’ils se débattaient comme ceux qui les entouraient. («Tout le monde fait des erreurs»). D’autre part, ils se traitaient avec la même gentillesse qu’avec un ami («Ça va, tu as fait de ton mieux »).

La psychologue Karen Bluth a récemment développé un programme appelé « Se faire des amis avec soi-même ». Les participants à ce programme de huit semaines ont ainsi signalé une plus grande résilience, moins de dépression et moins de stress à la fin.

ados

3. Éviter la comparaison sociale

Lorsque nous nous concentrons sur l’estime de soi, nous avons tendance à nous comparer aux autres. Les adolescents, en particulier, ont souvent l’impression d’avoir un «public imaginaire» (c’est-à-dire «tout le monde me regarde!») et sont sensibles à leur entourage.

D’autre part, Instagram et d’autres plateformes de médias sociaux n’aident pas forcément. Certaines recherches révèlent d’ailleurs un lien entre les médias sociaux et la dépression, l’anxiété, la solitude et la peur de rater quelque chose chez les adolescents. Par exemple, ils ressentent cela lorsque leurs publications n’obtiennent pas le même nombre de «j’aime» que celles de leurs amis. Ou ils peuvent se sentir exclus quand ils voient des photos de camarades de classe heureux passer du temps ensemble sans eux.

Indépendamment de ce que les adolescents choisissent de faire en ligne, beaucoup d’écoles permettent également la comparaison sociale.

Voici quelques alternatives en milieu scolaire conçues pour réduire la comparaison sociale entre les ados :

  • Ne pas rendre les notes publiques.
  • Fournir des occasions de réviser et de refaire les contrôles.
  • Éviter autant que possible de regrouper les élèves selon leurs capacités.
  • Se concentrer sur la croissance et l’amélioration individuelles.
  • Reconnaître les petites réussites des élèves.

4. Encourager les ados dans des compétences spécifiques

En gardant un œil sur les talents et les intérêts des ados, vous pouvez les aider à cultiver leurs forces. Votre fils peut penser qu’il est un très mauvais athlète, mais se révéler excellent quand il travaille sur des projets scientifiques.

La chercheuse Susan Harter a étudié l’estime de soi et le concept de soi des adolescents pendant des années. Elle affirme que la notion de soi est spécifique à un domaine. Notre estime de soi globale ou notre sens de la valeur tendent à s’enraciner dans huit domaines distincts. Ainsi, on retrouve la compétence sportive, la compétence scolaire, le comportement, l’acceptation sociale, l’amitié profonde, l’intérêt romantique, la satisfaction au travail et l’attrait physique.

Parlez avec les ados. Quelles sont leurs valeurs et priorités personnelles? Partagez des sondages avec eux, ou demandez-leur de répondre à un questionnaire sur les intelligences multiples. Célébrez leurs talents et personnalisez leurs activités autant que possible.

5. Aider les autres (surtout les inconnus)

Lorsque les adolescents rejoignent les autres, ils sont plus susceptibles de se sentir mieux dans leur peau. Une étude menée en 2017 auprès de 681 adolescents entre 11 et 14 ans a étudié leur comportement gentil et serviable sur quatre ans. Les chercheurs ont constaté que les adolescents qui étaient gentils et serviables en général avaient une meilleure estime de soi. Mais ceux qui dirigeaient leur générosité vers des étrangers avaient tendance à développer une plus grande estime de soi.

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Beaucoup d’adolescents luttent contre l’anxiété et le perfectionnisme, et nous ressentons peut-être le besoin de résoudre leurs problèmes. Mais la meilleure approche consiste à les encourager à développer leurs habitudes mentales et leurs points forts tout au long de leur vie.

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