maïs

Avant d’être manipulé, le maïs était coloré !

Non, le maïs multicolore n’a pas été manipulé pour devenir jaune

Un homme a fait revivre le maïs tel qu’on le connaissait autrefois… avant que la génétique ne le transforme !

Si les légumes commercialisés dans nos magasins ont tous presque la même forme et les mêmes couleurs, ça n’est pas du tout le fruit du hasard. Pour en arriver à un tel formatage, il a fallu beaucoup de temps… et énormément de transformations génétiques !

Prenons le cas du maïs en jetant un œil à ces deux images. A votre avis, laquelle de ces deux variétés a subi le plus de transformations génétiques ?

On est tellement habitué à les voir ainsi que les grains jaunes semblent les plus « ordinaires ». Et, à l’inverse, on jurerait presque que l’épi multicolore résulte des manipulations folles d’un agronome fantasque. Pourtant, c’est tout le contraire : ces épis d’un genre psychédélique sont en fait obtenus grâce à l’usage… de semences très anciennes !

Carl Barnes est un fermier de l’Oklahoma appartenant à la tribu des indiens Cherokee. Un jour, cherchant à renouer avec ses racines, il est tombé sur un stock de graines issues de souches très anciennes. Par curiosité, il a décidé de les planter… et voilà le résultat !

Surpris par ce qu’il avait fait sortir de terre, Carl Barnes a aussitôt partagé sa découverte avec les membres de sa tribu ainsi qu’avec les agriculteurs du coin.

Depuis, cette espèce de maïs a été dûment répertoriée sous le nom de glass gem corn, une variété aux grains si scintillants qu’ils semblent avoir été polis telles des « pierres précieuses » (en anglais « gems »).

Ces grains ne sont pourtant ni une invention, ni une véritable découverte. Dans les années 1800, en Oklahoma, on ne trouvait que ça… et pas seulement là-bas. Ceux qui ont eu l’occasion de voyager dans des pays où l’agriculture est restée traditionnelle (Madagascar par exemple) ont sûrement déjà croisés des grains de maïs aussi vifs, variés et colorés !

 

En réalité, c’est complètement l’inverse :

Ce joli maïs a été créé de toutes pièces dans les années 80 et ne pouvait donc pas exister avant.

Effectivement, son créateur Carl Barnes a utilisé des graines anciennes et les a croisées pour finalement obtenir ce très joli résultat : la variété « glass gem corn« , comestible sans être d’un grand intérêt culinaire, mais aux couleurs vives et aux grains translucides. C’est bien en manipulant différentes souches de maïs par croisement (et grâce aux effet des transposons) qu’il obtient ce résultat après de nombreuses années, et non pas en les retrouvant par hasard et en décidant de les planter.

En 2010, la découverte est cédée à la fondation Native Seeds, qui se charge de commercialiser les graines encore aujourd’hui.

Et le maïs, était-il jaune à l’origine ?

Et bien oui, aussi.

Il existe même de nombreuses variétés (des jaunes, des rouges, des bleues, des blanches, des noires, des bigarrées) depuis que l’homme cultive le maïs, qu’il aurait d’ailleurs inventé à partir de la téosinte. La déesse aztèque du maïs Centeolt a même 4 fils, qui représentent différentes couleurs… dont le jaune.

Importé en Europe à la découverte du nouveau continent, c’est finalement le maïs jaune qui s’est imposé dans les principales cultures , probablement pour des raisons gustatives, d’acclimatation et de rendement (même si des variétés différentes sont encore commercialisées). Le maïs a été cultivé en masse en Europe après la seconde guerre mondiale, à la mise en place de la politique agricole d’après-guerre.

Mais manifestement, « Sain & Naturel » préfère jouer sur la confusion ( mais non au contraire nous ne voulons pas jouer sur la confusion) , brandissant le spectre de la « manipulation » pour transformer le beau maïs en un quelconque épis jaune et pourquoi pas celui des OGM (puisque le maïs en est le symbole). Leur article omet de raconter l’histoire de ce sympathique fermier qui, en croisant différentes espèces, permet pourtant à la diversité de se poursuivre et de rester en mouvement, comme l’explique très bien Pierre-Henri Gouyon dans cette conférence.

La culture du maïs remonterait à -10 000 ans, et comme toutes les plantes, c’est en sélectionnant les meilleures « espèces » qu’on le « manipule » depuis son origine.

La notion d’OGM (apparue dans les années 70) est différente, dans le sens où elle implique une « transgénèse » en introduisant un caractère intéressant unique, et ce, en une seule étape, sans attendre plusieurs génération de croisement.

Source Hoax.net

 
Notez cet article