Mer de plastique

La tristement célèbre mer de plastique entre Hawaï et la Californie serait bien plus grande que les précédentes estimations.

Par Antoine Mercier. Le 25/02/2019

Effectivement, cette immense masse flottante compte des milliards de morceaux de plastique et plus de 80 000 tonnes de déchets. Ainsi, d’après une étude parue dans la revue Scientific Reports, la zone recouvre une surface équivalant à trois fois la France.

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320 millions de tonnes de plastique tous les ans

Tandis que nous produisons plus de 320 millions de tonnes de plastique chaque année, une partie des bouteilles, sacs et emballages entre autres, terminent leur vie dans plusieurs endroits des océans. Cela est dû aux courants marins qui créent des tourbillons géants, menaçant ainsi la vie marine.

S’étendant entre Hawaï et la Californie, les auteurs de l’étude évaluent la taille de la mer de plastique à trois fois celle de la France. D’autre part, ces auteurs ont récolté 1,2 million d’échantillons et réalisé des survols aériens.

La mer de plastique pèserait 80 000 tonnes

Ils concluent ainsi que 1800 milliards de morceaux de plastique flottent, soit un poids total de 80 000 tonnes. Par ailleurs, cette masse augmente de manière exponentielle.

Ainsi, les chercheurs révèlent que les estimations sont 4 à 16 fois supérieures à deux études antérieures. Ce résultat est dû à des méthodes d’analyses plus fiables, mais également certainement à la hausse de la pollution plastique dans cet endroit. Les débris du tsunami du Japon de 2011, sont en partie responsables.

Présence de microplastiques et de gros débris

99,9 % des déchets ramassés étaient du plastique, mais pas toujours sous forme microscopique, comme le pensaient les scientifiques. En effet, 75% des débris mesuraient plus de cinq centimètres. Et le matériel de pêche abandonné représentait presque la moitié de ces débris. L’auteur principal, Laurent Lebreton, de la fondation Ocean Cleanup, explique que les cordes et les filets abandonnés sont responsables de la mort de nombreux « poissons, tortues et même de mammifères marins » qui s’étranglent avec. Pourtant, cela reste « plutôt une bonne nouvelle ». Car « les gros débris sont bien plus faciles à collecter que les microplastiques », indique-t-il. En effet, les poissons ingèrent les microplastiques, et entrent ensuite dans la chaîne alimentaire.

En dépit du constat préoccupant, Laurent Lebreton ne veut pointer personne du doigt. « Les gens voient la quantité de matériel de pêche et pointent du doigt l’industrie de la pêche, mais ils mangent aussi du poisson. Ce n’est pas la question d’un secteur ou d’une région, c’est principalement notre mode de vie et de consommation, les plastiques à usage unique, la société du tout-jetable », explique-t-il. Avant de conclure« Nous devons prendre des mesures importantes en la matière. Nous résoudrons ce problème à l’échelle mondiale ».

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Ainsi, nous devons avoir une prise de conscience collective afin de sauver nos océans des déchets plastiques. Si une seule personne change de mode de vie, cela n’aura pas un grand impact. Mais si nous changeons collectivement, nous pourrons vraiment faire la différence.