eau a atteint les  32°
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Nous avons récemment atteint un record en ce qui concerne la température de l’eau de la mer Méditerranée. À Marseille, on a relevé pas moins de 30°C sur le littoral, un record. Paul Marquis, prévisionniste météo a déclaré :

« La température est de 28 °C à planier [au large des côtes], et elle atteint localement 31, voire 32 °C en surface près du littoral le littoral. »

D’après lui, ces températures sont loin d’être normales. Elles sont dues aux fortes températures qu’il y a eu à la fin du mois de juin et à l’absence de mistral. « Même en 2003, la mer n’avait pas atteint ces températures. Jamais dans l’époque contemporaine des relevés météo, nous n’avons atteint ces températures, que ce soit à la fin ou au début de l’été,» ajoute-t-il.

Avec la hausse des températures de l’eau, les scientifiques redoutent le pire. C’est notamment le cas de Thierry Thibault, qui est inquiet pour les herbiers de posidonie, car ils sont considérés comme le poumon de la Méditerranée. D’après lui, « À ces températures-là, on commence à atteindre les limites pour la posidonie. On pense qu’elle peut résister à 30, 31, voire 32 °C, mais là on va voir concrètement si elle crève ou si elle résiste ». Avec ces températures, on voit également des algues filamenteuses apparaître, ainsi que plusieurs espèces comme le poisson-lapin, il s’agit d’un herbivore qui rase tout sur son passage.

Christine Ferrier-Pages, du centre scientifique de Monaco a déclaré : « Les coraux et les gorgones risquent le plus. Généralement, ils résistent à 24, 25 °C. Cela va dépendre de la durée et de l’amplitude de ce phénomène de chaleur, mais ils sont plus exposés que les poissons qui peuvent se déplacer un peu plus en profondeur par exemple. Les gorgones sont très importantes car elles servent de refuge aux poissons, et les larves se fixent dessus. »

Les scientifiques craignent également des conséquences sur le long terme. Christine Ferrier-Pages déclare : « La couche d’eau à la surface, en devenant trop chaude, va faire barrière aux remontées d’eau de profondeur. Or l’eau en profondeur est essentielle pour le phytoplancton par les sels naturels qu’elle apporte. Sans phytoplancton, c’est toute la chaîne alimentaire qui peut être affectée. »

Selon Thierry Thibault  « Il est très difficile de prévoir les conséquences de ce phénomène puisque c’est du jamais vu. Mais les plongeurs amateurs et les pêcheurs sont nos meilleures sentinelles, si quelque chose de bizarre survient, nous serons au courant »

Il rappelle aussi que la biodiversité marine pourrait être affectée par la bétonisation de certaines côtes.

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