Une molécule anticancer issue du corail : des résultats prometteurs

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Une molécule anticancer issue du corail : des résultats prometteurs

Le 30 Novembre 2017. Image crédit : Pixabay

Une molécule anticancer issue du corail : des résultats prometteurs

La start-up Coral Biome développe un nouveau médicament anti-cancer en exploitant des molécules d’une toxine issue du corail.

Guerres de territoire, attaques chimiques, toxines… ces termes ne sont pas là pour décrire un conflit mais s’appliquent aux coraux qui mènent une vie loin d’être tranquille dans les océans de la planète. Depuis des  millions d’années les différentes espèces de coraux sont en concurrence, chacune voulant avoir la meilleure place.

« Pour parvenir à leurs fins ils ont développé un véritable arsenal chimique qui a été peaufiné au fil du temps » souligne Frédéric Gault, un des deux fondateurs de la start-up Coral Biome installée sur le campus de Luminy, à Marseille

Une molécule anticancer issue du corail : des résultats prometteurs :

Une ferme près de Marseille dans les calanques

Fondée en 2011, elle s’est développée dans la culture des coraux et accueille actuellement dans sa  » ferme « , une centaine d’espèces de coraux mais aussi quelques gorgones et petites éponges. Certains sont élevés pour leurs couleurs ou leurs formes et revendus.

Mais le but principal de Coral Biome est l’identification et l’exploitation de molécules à visée thérapeutique issues de ces coraux. Une activité presque neuve : cela fait une trentaine d’années que ces drôles d’animaux font l’objet de recherches et peut-être moins de dix ans que le potentiel thérapeutique des toxines qu’ils sécrètent suscite un intérêt.

Parmi les pistes qui paraissent prometteuses, Coral Biome a choisi de se concentrer sur l’activité anticancéreuse de la palytoxine, une molécule produite par une espèce de Palythoa, un corail mou qui pousse près de la Floride.

« Cette toxine qui est sécrétée dans le mucus de l’animal et lui sert à se défendre contre les prédateurs et à tuer ses proies » précise Carole Valenti, la pharmacienne du groupe qui est chargée de transformer cette palytoxine en médicament anticancéreux. Pour obtenir un médicament, les étapes sont longues mais plusieurs ont déjà été menées à bien et la palytoxine au vu des premiers tests semble prometteuse contre une forme de cancer rare n’ayant pour l’instant pas de traitement efficace (pour des raisons de confidentialité, le type de cancer n’est pas précisé).

Une activité démontrée in vivo

Avant d’identifier cette capacité, il a fallu s’assurer de la constance de la source. Fort heureusement : « le Palythoa c’est un peu le chiendent de la mer, il est facile à trouver, se cultive assez facilement et pousse assez vite » explique Andréa Meriot, qui gère les aquariums et veille sur les pousses de coraux avec Mathieu Ferry.

À condition toutefois d’avoir la bonne recette : de l’eau de mer (artificiellement recréée), beaucoup de lumière et un peu de broyat de plancton et la maitrise des innombrables interactions qui s’opèrent à l’intérieur d’un aquarium. Le choix de ce corail « élevable » répond au souhait des fondateurs de mener des recherches durables, en préservant les stocks de coraux naturels déjà fortement menacés par le réchauffement climatique et dont plusieurs colonies tout autour du monde sont atteintes par la maladie du blanchissement. 

Après cela, il faut ensuite récupérer par extraction, la toxine puis la purifier, la caractériser pour enfin pouvoir tester son potentiel thérapeutique.

Et dans le cas de la palytoxine, il semble bien que ce potentiel soit présent. « Lors des tests in-vitro nous avons constaté que la palytoxine était efficace à des doses infinitésimales sur 56 lignées cancéreuses avec un différentiel de toxicité extrêmement favorable » souligne Sandrine Courtès, directrice scientifique de Coral Biome. Cela signifie que la palytoxine s’attaque préférentiellement aux cellules malades en préservant celles qui sont saines et qu’un médicament qui en serait dérivé aurait, potentiellement, peu d’effets secondaires. Parmi les souches cancéreuses testées certaines provenaient de cancers du poumon, de la peau, de leucémies et aussi donc de ce cancer orphelin sur lequel se concentre Coral Biome. « Nous avons choisi de développer cette application car ce cancer est incurable et nous espérons être les premiers à proposer un traitement » précise-t-elle.

Grand chambardement

S’appuyant sur les résultats des tests in vitro, la start-up a initié une première série de tests in vivo sur des souris modèles de la maladie, dans le cadre d’un partenariat avec une UMR (Unité mixte de recherche) spécialisée dans cette pathologie. Là aussi les conclusions s’avèrent très positives : les souris traitées avec une administration unique à une dose non toxique ont vu leur survie doubler et des injections répétées ont conduit à une rémission avec disparition des symptômes et de la tumeur chez 75% des rongeurs. Ce succès ne signifie toutefois pas que des résultats similaires seront obtenus chez l’être humain. Pour le savoir il faut maintenant enclencher une longue procédure de vérification et de certification.

Elle débute par les études pré-cliniques réglementaires qui auront lieu en 2019  et qui permettront de mieux comprendre le comportement de la palytoxine dans l’organisme et d’estimer la dose administrable chez l’être humain. Il sera suivi, s’il est couronné de succès,  de premiers essais cliniques sur des patients en 2021.

Tous ces tests sont très encadrés et demandent une organisation interne conséquente. Pour s’y préparer Coral Biome va empaqueter ses précieux coraux et leurs aquariums pour les déménager début 2018 dans un nouvel endroit, plus grand et équipé d’un laboratoire de recherche dédié. La société qui prévoit de recruter du personnel lance aussi une levée de fonds de 5,3 millions d’euros auprès de fonds institutionnels et privés.

Source une molécule anticancer issue du corail : www.sciencesetavenir.fr/

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