Monsanto aurait créé des « faux agriculteurs » pour prendre la défense du glyphosate

faux agriculteurs

Le 18 octobre 2018. Image crédit :depositphotos.com

Monsanto aurait créé des « faux agriculteurs » pour prendre la défense du glyphosate

Les recherches qui affirment qu’il n’y a pas de lien entre le glyphosate et l’apparition de cancers ont souvent été réalisées par la société Monsanto.

Pour que des « agriculteurs » disent du bien de l’herbicide – le glyphosate présent dans le Roundup et classé cancérigène probable par le centre international de recherche sur le cancer –, la société Monsanto aurait créé, dans au moins 7 pays dont la France, des groupes de faux professionnels.

En France, un  groupe nommé« Agriculture et Liberté » se présente sur Twitter comme « un groupe d’agriculteurs français unis pour protéger notre mode de vie et nos moyens de subsistance. »

Et voici, comment le site internet rattaché à ce compte, décrit les conséquences d’une éventuelle interdiction du glyphosate :

« Après une réautorisation du glyphosate pour 5 ans par l’Union européenne, notre gouvernement a annoncé vouloir l’interdire dans les trois prochaines années. Malgré le consensus des agences européennes vis-à- vis de la sûreté de cette substance, le gouvernement français a voulu raccourcir ce délai sans prendre en compte les avis scientifiques et l’avenir de nos agriculteurs. »

« La menace de rendements réduits (de 5 à 40%), une hausse probable des coûts, des revenus agricoles plus faibles menacent la survie de notre agriculture. De plus, à cause des pays limitrophes qui utiliseront le glyphosate pendant les 5 prochaines années, les agriculteurs français seront soumis à une concurrence déloyale à cause de cette distorsion de marché. »

« Mosanto a piloté de faux groupes de fermiers contre l’interdiction du glyphosate en Europe. C’est ce que révèle une enquête de la cellule d’investigation de Greenpeace et du quotidien britannique ‘The Independent’« , que RMC dévoile ce mercredi.

« Agriculture et Liberté« , est le nom du groupe français de faux agriculteurs. Sur son compte Twitter, on peut lire : « Nous sommes un groupe d’agriculteurs français unis pour protéger notre mode de vie et nos moyens de subsistance ».

Mais ni ce compte Twitter ni le site internet, ne permettent de connaitre qui sont les fondateurs d’agriculture et Liberté , assure RMC. « Il est juste mentionné qu »’Agriculture et Liberté’ est soutenu par une ‘coalition d’utilisateurs et de fabricants de produits agricoles’. Aucune preuve d’un agriculteur parmi les fondateurs. Pourquoi ? Parce qu’en réalité, ce groupe a été créé par un lobby », accuse le site .

Des « alliés non-traditionnels »

C’est la société Red Flag Consulting, basée à Dublin et inscrite au registre de transparence de l’Union européenne, qui aurait organisé la supercherie, à la demande de Monsanto. L’entreprise qui a également pour client la British American Tobacco, aurait reçu entre 100.000 et 200.000 euros de Monsanto en 2017.

« Dans un document promotionnel, Red Flag se vante d’ailleurs d’avoir ‘récemment remporté la plus grande campagne de réglementation et d’affaires publiques de l’Union européenne’, grâce à des ‘alliés non-traditionnels’ afin de changer la position de cibles identifiées au sein du gouvernement français, mais aussi allemand, anglais, polonais, espagnol, néerlandais, italiens et roumains », précise RMC.

D’après Greenpeace, repris par RMC, « il fait peu de doute que Red Flag fait ici référence à la campagne contre l’interdiction du glyphosate ».

« Rétablir la vérité sur l’herbicide glyphosate »

« Free to Farm » chez les anglais, « liberta di Coltivare » chez les italiens… Ces groupes de soi-disant agriculteurs chargés d’offrir une bonne presse à Monsanto n’existent pas qu’en France. Tous sont basés sur le même modèle, explique RMC. Greenpeace a identifié leur présence dans au moins 33 foires agricoles.

« Agriculture et Liberté » a été notamment aperçu au dernier salon de l’agriculture. « Sur un stand, des hôtesses expliquaient qu’elles travaillaient pour un groupe d’agriculteurs. Aucune mention de Monsanto évidemment », dit RMC.

Les responsables de Red Flag, contactés par RMC, affirment « n’avoir jamais prétendu être un groupe de fermiers » et « n’avoir exercé aucun lobbying » mais uniquement « cherché à rétablir la vérité sur le glyphosate auprès d’agriculteurs qui ont ensuite fait entendre leur propre voix ». / Source :/www.nouvelobs.com/planete/

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