îles Lofoten

La Norvège dit non à un forage pétrolier dans les îles Lofoten

Même si cela représente une très, très grosse somme d’argent, le pays s’est prononcé en défaveur de ce projet et ne devrait pas le mettre en oeuvre à l’avenir. Une nouvelle conscience est en train d’émerger.

Par Frédérique Dumont. Le 17/04/2019

Le pétrole est l’un des piliers de l’économie mondiale.

Mais la Norvège est en train de prendre une décision courageuse et pleine de bons sens. Le pays veut abandonner l’exploitation d’énormes gisements d’or noir au nord du cercle polaire.

Pourquoi cette décision ? Pourquoi le pays se prive-t-il d’une énorme rentrée d’argent qui peut se compter en milliards de dollars?

La raison est simple ; l’écologie. Parce que la raison écologique est en train de s’imposer à elle, et parce qu’il est temps de préparer l’avenir. Explications.

Le pays voit sur le long terme et la pensée écologique fait doucement son chemin et s’impose dans la mentalité de la population. ( peut-être aussi un peu pour anticiper les prochaines élections )

Peu de personnes le savent, mais la Norvège est quand même un gros producteur de pétrole.

Se classant quatorzième producteur mondial. Le gaz, et l’or noir représentent à eux-seuls, le tiers de ses exportations et emploie, environ 6% de sa population active. C’est donc un secteur très important de son économie qui est essentiel pour le pays.

Cependant avec le dérèglement du climat qui augmente et s’aggrave de plus en plus rapidement, la population met une pression de plus en plus forte sur les institutions du pays. Et bonne nouvelle, le parti travailliste a dit qu’il ne pas soutiendrait l’exploitation des ressources pétrolières des îles Lofoten, qui se trouvent dans le nord du pays, dans l’Arctique « Une décision historique« , mentionneOuest France :

 îles Lofoten

« Les compagnies pétrolières louchent sur les îles Lofoten et attendent avec impatience que le gouvernement leur donne l’aval pour s’y développer. La prise de position du parti travailliste est donc un coup dur pour l’industrie pétrolière, car désormais, une grande majorité de l’Assemblée est opposée à ce projet. »

Les dirigeants du pays font donc une croix sur les 1 à 3 milliards de barils que devait produire le gisement des îles Lofoten.

Avec ce projet, des recettes de 65 milliards de dollars avaient été estimés. Un manque à gagner colossal, c’est vrai, mais tout petit face aux enjeux environnementaux de notre époque. L’industrie et les sociétés pétrolières du pays sont scandalisées, mais les écologistes, eux, ne cachent pas leur joie.

« Depuis plus d’une décennie, nous demandons au parti travailliste norvégien d’être du bon côté de l’histoire et de voter pour protéger l’une des zones marines les plus vulnérables et uniques contre le développement du pétrole et du gaz (…) Cette victoire est le symbole du futur durable pour lequel nous nous battons »

Une petite victoire et un bonne nouvelle pour l’environnement et le réchauffement climatique , mais également une très bonne pour la faune et la flore de cette île et de ses environs. Et de nombreuses espèces de poissons comme les sardines, les harengs, les oiseaux, les dauphins, les baleines, les plantes aquatiques et le corail.

Par ailleurs, il y a quelques jours, la Norvège a autorisé que son fond pétrolier (qui pèse tout de même 882 milliards d’euros) serve au financement des énergies renouvelables.

Des renoncements et des actes difficiles à prendre mais des prises de décision en adéquation avec notre époque.