Un cours d’eau rempli de détritus à Manille, le 12 mai 2018. image crédit  AFP: Sciences et Avenir

Le 8 Juin 2018. Image credit : AFP

Pollution au plastique aux Philippines: un fleuve de déchets traverse Manille

Un mur de détritus cache l’Estero de Magdalena, une rivière qui passe dans un bidonville à Manille. La couche est si grosse qu’on croirait pouvoir marcher dessus. Mais ce tas fétide de bouteilles en plastique, d’emballages de plats à emporter et de sacs en plastique ne forme qu’une couche qui flotte sur les eaux sales de cet affluent du Pasig, le plus grand fleuve de Manille, également gravement pollué.

Image crédit : AFP

Décharge à ciel ouvert

Les autorités de la ville accusent les personnes du bidonville d’utiliser l’Estero de Magdalena comme décharge à ciel ouvert. Elles ont installé des barrages antipollution pour empêcher les déchets de descendre vers l’aval. Les gens « transforment les cours d’eau en poubelle », se lamente Lorenzo Alconera, des services de l’ingénierie de la capitale. « Nous voulons bloquer les déchets pour les ramasser plus facilement.  On ne veut pas qu’ils s’écoulent dans le Pasig ».

Voir aussi : Un plongeur se filme en train de nager dans un océan de plastique

Les détritus qui flottent dans le fleuve finissent en mer de Chine méridionale ou refoulés par les marées dans le Laguna de Bay, le plus grand lac du pays. La pollution plastique est un très gros problème dans l’archipel, qui, avec la Chine, l’Indonésie, la Thaïlande et le Vietnam, est l’un des plus grands responsables de ce fléau. Une grande partie de ce plastique finit donc dans la mer.

Image crédit : AFP

Cette pollution causée par le plastique devient de plus en plus visible en Asie

Les responsables de la ville affirment qu’ils nettoient souvent la rivière avec des équipements lourds. Ce qui ne console guère les familles pauvres qui vivent dans des cahutes faites de bric et de broc, dans une atmosphère propice à la propagation de maladies évitables comme le choléra et la fièvre typhoïde.

Image crédit : AFP

En plus de la crainte des infections, les habitants doivent vivre avec une puanteur constante. « On ne peut pas dormir correctement à cause des ordures. Qu’il pleuve ou qu’il fasse beau, il y a les odeurs », dit à l’AFP Marlyn Estrada Calderon, une vendeuse de 35 ans.

Découvrez également : Des photographies inquiétantes des Caraïbes montrent une mer de plastique et de polystyrène

Voir aussi : Le Citarum a la réputation d’être le fleuve le plus pollué de la planète. Déversement direct de déchets, industriels et domestiques jetés par les habitants, ce fleuve situé en Indonésie est souvent recouvert de déchets et est complètement saturé par endroits. Pourtant ce fleuve est vital pour plus de 5 millions de personnes.

Sources : Natura SciencesThe TelegraphL’Express