porter le deuil d'un être cher

Comment continuer à vivre en portant le deuil d’un être cher pendant les vacances

Les vacances peuvent être un moment déchirant si vous avez perdu un être cher. Peut-être qu’il s’agit du premier Noël ou vacances où la place de votre père est vide.

Par Sylvain B. Le 18/02/2019

Pour moi, je sens une forte douleur dans la poitrine quand je suspends les chaussettes de mon fils.

Je ne peux pas m’empêcher de penser que si mon fils était encore là, je suspendrais deux chaussettes côte à côte.

Parfois, je me dis qu’il aurait pu être un garçon en bonne santé, qui aurait ouvert des cadeaux avec empressement le matin de Noël, à côté de ma fille Louise. Il aurait peut-être été trop timide pour s’asseoir sur les genoux du père Noël et se serait caché dans mes bras au lieu de prendre une photo.

Ensuite, j’imagine que mon fils est mon étoile brillante du Nord. Il est ici, mais si loin. Brille, petit amour. Brille sur moi aujourd’hui, d’accord?

Mais ce que je veux que les gens sachent, c’est que les vacances ne sont pas très différentes des autres périodes de l’année. Porter le deuil d’un cher être, c’est vivre et grandir avec courage, tous les jours de l’année. Le deuil s’installe de manière permanente dans notre cœur. Il est profondément ancré dans notre poitrine, enfermé dans une cage en ivoire et soigné par notre courageux esprit.

Dans notre société moderne, nous avons tendance à traiter le deuil comme le jeu de la taupe.

Après avoir placé des pièces de monnaie dans la fente, vous prenez un gros marteau. Il y a des trous dans la table devant vous et, des taupes sortent de ces trous. Vous devez les frapper avec le marteau. Lorsque vous les touchez, elles émettent un son «ow!» satisfaisant et, pendant un instant, vous remportez la victoire.

Mais ensuite, une taupe sournoise apparaît là où vous vous y attendez le moins. Encore une fois, votre main saisit le marteau, vous vous préparez à une nouvelle attaque. Mais cette fois, elle apparaît plus vite. Cette fois vous savez qu’il y en aura plusieurs! Et vous ne pouvez pas deviner d’où elles vont venir.

Et c’est la même chose avec le deuil.

Si nous ne vivons pas avec lui, ou si nous ne le reconnaissons pas quotidiennement, il apparaît dans les endroits les plus inattendus. Il apparaît quand nous décorons notre sapin ou quand nous allumons une bougie. Il apparaît lorsque nous «devrions» être heureux . Il cause non seulement de la tristesse, mais aussi un sentiment de peur et d’anxiété.

Mais, quand nous portons le deuil, quand nous le ressentons profondément, il ne peut pas nous effrayer. Il ne peut pas nous détruire en sortant de nulle part. Nous n’avons plus besoin de le combattre. Ce n’est plus une menace, mais plutôt un compagnon avec lequel nous pouvons apprendre à vivre.

Ne vous méprenez pas, porter le deuil d’un être cher n’est pas facile.

Mais il faut quand même le porter et non le repousser.

Parfois, mon deuil est un sac à dos. Il me creuse les épaules, me serre le cou et la mâchoire et, quelle que soit la façon dont j’ajuste les bretelles, il me fait mal. Il est trop lourd pour moi.

D’autres fois, j’oublie que je le porte. Après deux ans, la plupart de mes journées sont ensoleillées et normales. Je suis dans l’instant, ce moment présent, charmant, idiot, ennuyeux. Et comme une petite pièce au fond de ma poche, le voilà.

Le deuil est comme une cicatrise sur mon corps. Il marque un traumatisme profond, mais qui n’est pas suffisamment fort pour m’empêcher de vivre.

Le deuil est un battement de coeur.

Il fonctionne 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, sans même que j’y pense. Je sens la vibration au plus profond de ma poitrine. Un tambour stable, chuchotant: «Je suis ici.» Que je le reconnaisse ou non, le deuil bat tous les jours à un rythme qui est à la fois une marche victorieuse et un rythme mélancolique.

Il bat la veille de Noël pendant que les enfants attendent le Père Noël. Il bat dans notre cœur comme une fanfare à 3 heures du matin, quand nous ne réussissons pas à nous rendormir.

Mais, grâce à notre perte, nous ressentons une gratitude que nous n’avions jamais connue auparavant.

Cette gratitude rend les petits moments encore plus doux, donne aux lumières de Noël un aspect plus scintillant et nous rend plus affectueux avec ceux que nous chérissons. Les anges ne se manifestent pas au moment de Noël au sommet d’un arbre, mais ce sont les personnes qui nous entourent dans cette vie. Les miracles ne se limitent pas aux jours de neige, mais aux journées ensoleillées, aux jours de pluie et à tous les jours.

Pendant ces vacances, attachez votre écharpe autour de votre cou, affrontez le froid, fermez votre manteau comme une armure contre les éléments, et portez votre deuil comme une petite pierre dans votre poche, en sachant que vous n’êtes pas seul.