Le 12Mai 2018. Image crédit : Pixabay

Pourquoi je n’utiliserai plus jamais de tampons

J’avais l’habitude de porter des serviettes pendant mes règles. Pour une raison que j’ignore, ma mère était totalement contre les tampons. J’ai essayé de lui faire changer d’avis, mais je n’ai jamais réussi. Donc, j’ai accepté à contrecoeur de porter des serviettes hygiéniques.

Un jour, pendant mon cours de sport, un conférencier est venu nous parler de la puberté. J’étais en seconde, donc je savais déjà ce que c’était depuis plusieurs années. Même si c’était ennuyeux, tout le monde était content de ne pas courir.

À la fin de la discussion, nous avons tous eu un petit kit avec du déodorant, une lotion pour le visage et des tampons. Ce serait mentir si je vous disais que je n’avais pas envie d’essayer. Mais je savais que je devais garder le secret à cause de ma mère.

Les crampes n’ont pas commencé tout de suite.

La première fois que j’ai inséré le tampon, je me suis sentie un peu mal à l’aise, mais d’après mes amies, c’était normal. Mais ce sentiment d’inconfort a commencé à s’amplifier, c’est devenu une démangeaison constante. Je me tortillais sur ma chaise, et je courais régulièrement vers la salle de bain pour m’essuyer à plusieurs reprises.

Mes amis m’ont dit que j ‘avais probablement une infection à levures, je suis donc allée acheter une crème antifongique, mais ça ne m’a pas du tout aidé, pas même un tout petit peu. La démangeaison a commencé à se transformer en douleur aiguë.

À ce stade, j’ai décidé d’arrêter l’utilisation, même si mes amis ont juré que les tampons n’étaient pas responsables de cette douleur. Mais j’étais trop mal pour pouvoir en porter un à ce stade de toute façon.

Peu de temps après avoir arrêté d’utiliser les tampons, j’ai commencé à avoir des saignements, tous les jours tout au long de la journée. Ce qui était autrefois une période légère de quatre jours s’était transformé en quelque chose de douloureux tout au long du mois.

Je commençais vraiment à m’inquiéter pour ma santé à ce moment-là, mais j’avais trop peur d’avouer à ma mère que j’utilisais des tampons.

Le conférencier nous avait dit qu’il y avait des périodes irrégulières, et qu’elles étaient normales. Je me suis donc dit que si j’attendais un peu, tout reviendrait à la normale en un rien de temps.

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J’avais tort.

Le sang a commencé à ressembler à une substance goudronneuse noire. Était-ce normal? Ça ne pouvait pas l’être.
Je suis restée comme ça pendant 3 mois.  J’avais tellement peur de la réaction de ma mère et de mon médecin que je faisais comme si de rien n’était.Mais les douleurs aiguës ont commencé à irradier mes jambes et à remonter dans ma poitrine. J’avais l’impression que la foudre frappait mon corps, toujours vers mon utérus.

À ce stade, je ne pouvais plus porter de serviettes. Elles étaient pleines dans l’heure, alors j’ai commencé à utiliser des chiffons pour couvrir le trop-plein de sang.

J’avais peur de découvrir ce qui se passait dans mon corps. Est-ce qu’il pouvait s’agir d’un cancer? Pourrais-je avoir des enfants un jour? Est-ce que j’allais mourir?

Toutes ces pensées étaient trop lourdes pour une jeune fille de 15 ans qui devait faire face à sa première année de lycée. Donc, j’ai fait ce que les adolescents font de mieux, je l’ai caché et j’ai gardé ce secret un peu plus longtemps.

La douleur a empiré et les saignements sont devenus plus importants. J’ai commencé à avoir du mal à marcher, j’avais l’impression que mes entrailles étaient en train de pourrir.

Une nuit, je me suis réveillée au milieu de la nuit à l’agonie. Je ne pouvais plus cacher la douleur ou la torture plus longtemps. Ma mère est entrée en courant, les yeux écarquillés et la bouche ouverte.

« Qu’est-ce que tu as ?! Qu’est-ce qui ne va pas?! »

Je ne pouvais pas lui répondre, je pouvais simplement hurler de douleur. La douleur était atroce.En retirant la couette, ma mère a découvert une mare noire dans laquelle j’étais en train de nager.

Je suis allée immédiatement aux urgences et j’ai été prise tout de suite .

« Essayez de rester immobile. Nous ne pouvons pas obtenir une bonne image si vous bougez autant. Pouvez-vous rester immobile, s’il vous plaît? »

J’étais étendue sur le lit d’hôpital, recroquevillée en boule, en train de me tortiller à l’agonie. Je voulais juste qu’ils me soulagent immédiatement, je ne pouvais pas tenir en place.

Après quelques minutes, l’infirmière qui tenait la baguette sur mon ventre a pointé l’écran de son ordinateur, toutes les infirmières sont restées sans voix. On ne m’a rien dit, mais je savais que quelque chose n’allait pas lorsque les quatre infirmières se sont précipitées hors de la pièce.

Il n’a pas fallu longtemps avant qu’un troupeau de blouses blanches accoure dans ma chambre. Avant que je puisse rassembler mes forces pour hurler encore plus, j’étais sous anesthésie.

Donc, maintenant je suis assise sur les toilettes avec un flux constant de sang qui coule dans mes jambes. Vous vous demandez probablement ce qui s’est passé ensuite. Eh bien, j’ai subi une hystérectomie d’urgence. Les médecins ont conclu que lorsque j’avais inséré le tampon, il devait y avoir une araignée coincée dans le coton, une erreur de fabrication. Lorsque le tampon s’est imbibé de sang, l’araignée est sortie du tampon en coton, et s’est précipitée dans mon utérus.

L’araignée est restée dans mon utérus pendant un moment et a fini par grandir, en se nourrissant de mon flux féminin une fois par mois. Elle mesurait 20cm d’après les médecins, une araignée de chasseur.

Mon système reproducteur a fini par être infecté par l’intrus, laissant mes entrailles enflammées et douloureuses; la maladie inflammatoire pelvienne.

Cette histoire est absolument dégoûtante à raconter, mais je ne peux pas supporter l’idée qu’une autre femme puisse traverser la même chose. Le docteur a dit que si je n’avais pas attendu si longtemps, ils auraient pu sauver mon utérus avant qu’il ne soit complètement nécrosé, mais c’est trop tard. Je ne pourrai pas avoir d’enfants, car j’avais trop peur de demander de l’aide.

Le rétablissement se passe bien maintenant. Quand le drainage s’arrêtera, je n’aurai plus à m’inquiéter d’avoir mes règles, et les tampons ne seront plus qu’un lointain souvenir pour moi.

S’il y a une chose que vous devez retenir de cette histoire, c’est de bien vérifier vos tampons avant de les utiliser.

Brianna Appling

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