réaction en chaîne irréversible

Une réaction en chaîne irréversible pourrait changer notre planète en étuve

Louise Meunier

Réchauffement climatique : Même en réduisant les émissions, on pourrait passer un point de rupture, avertit une recherche…

P.B. avec AFP /Source :/www.20minutes.fr/

La Terre fonce vers un point de rupture qui pourrait déboucher sur un scénario catastrophique qui serait irréversible. C’est l’information en forme d’avertissement qui a été donnée par des chercheurs internationaux dans une étude sur le climat, publiée dans le magasine Proceedings of the National Academy of Sciences (PDF). D’après eux, un effet domino pourrait transformer notre planète en étuve d’ici quelques décennies, même si les êtres humains parviennent à limiter la hausse des températures à 2°C par rapport aux niveaux – c’est l’objectif qui avait été fixé  par l’Accord sur le climat de Paris.

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Si les glaces polaires ne s’arrêtent pas de fondre, les forêts risquent d’être détruites et les émissions de gaz à effet de serre de battre chaque année des records, la Planète risque de franchir un point de rupture, concluent des scientifiques de l’université de Copenhague, de l’Université nationale australienne et de l’Institut de recherche de Potsdam sur les effets du changement climatique en Allemagne.

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Une réaction en domino en trois temps

Les chercheurs ont ont pu identifier environ dix facteurs de risques interconnectés qui pourraient occasionner une réaction domino en trois temps. Avec des puits de carbone affaiblis, des forêts qui se réduisent et une hausse des températures d’environ 1 et 3°C, la calotte glaciaire recouvrant l’Antarctique ouest et du Groenland, les glaciers des Alpes et la Grande barrière de corail seraient les premiers menacés.

« Quand un seuil critique est atteint, le processus de réactions s’auto-entretient », stipule l’étude. La machine s’emballerait alors jusqu’à une hausse des températures de 5°C, menaçant l’Antarctique Est et le méthane et le CO2 emprisonnés dans le permafrost, sol qui devrait être gelé tout le temps en Russie ou au Canada, correspond à environ 15 années d’émissions humaines.

Il y aurait alors une forte hausse du niveau des mers et océans de 25 mètres

Les conséquences seraient catastrophiques. La fonte des glaces de l’Antarctique Ouest et du Groenland conduirait à une hausse du niveau de la mer et des océans de 13 mètres. La calotte de l’Antarctique Est, plus sensible au réchauffement qu’estimé précédemment, représente 12 mètres potentiels supplémentaires. Deux-tiers des très grandes villes se situent à moins de 10 mètres au-dessus du niveau de la mer, tout comme les plaines agricoles qui les nourrissent.

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Y a-t-il une solution face à ce scénario catastrophique?

Réduire les émissions à gaz à effet de serre ne sera pas suffisant. Il faudrait changer immédiatement de mode de vie pour protéger notre planète, ont averti les chercheurs.

Ils préconisent une meilleure gestion des sols, des pratiques agricoles plus respectueuses de l’environnement, la protection des terres et des côtes ou encore le développement de techniques de capture du CO2, comme repeupler les forêts, planter des arbres et arrêter la déforestation. En cas d’échec, Hans Joachim Schellnhuber, coauteur et directeur du Potsdam Institute for Climate Impact Research, avait précédemment estimé qu’une Terre à +4 ou +5°C ne pourrait pas abriter plus d’un milliard d’individus.