réveil écologique
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Quel est l’intérêt d’avoir un travail en or s’il participe à la destruction du monde, et, par conséquent, à sa propre destruction?

En 2018, 13 000 étudiants de grandes écoles signataires du Manifeste pour un réveil écologique avaient répondu à cette question.  Ils se sont engagés officiellement à jamais travailler pour des employeurs qui vont à l’encontre de leurs convictions environnementales.

Peu à peu, les mentalités évoluent face aux désastres climatiques et environnementaux.

Les consciences s’éveillent de plus en plus au sujet de l’écologie , et désormais rares sont les citoyens qui acceptent de participer à l’effondrement à venir.

En témoigne ce Manifeste pour un réveil écologique qui, lancé en 2018, a rencontré un succès immédiat auprès des étudiants des grandes écoles ( ENS, ESSEC, HEC, Polytechnique, Mines, Dauphine… ) et qui compte en 2019 plus de 30 000 signataires.

Voici quelques extraits de ce Manifeste :

« Nous, étudiants en 2018, faisons le constat suivant : malgré les multiples appels de la communauté scientifique, malgré les changements irréversibles d’ores et déjà observés à travers le monde, nos sociétés continuent leur trajectoire vers une catastrophe environnementale et humaine. Nous, signataires de ce manifeste, sommes pourtant convaincus que ce sombre tableau n’est pas une fatalité. »

« Deux options s’offrent aujourd’hui à nous : poursuivre la trajectoire destructrice de nos sociétés, se contenter de l’engagement d’une minorité de personnes et en attendre les conséquences ; ou bien prendre notre avenir en main en décidant collectivement d’anticiper et d’inclure dans notre quotidien et nos métiers une ambition sociale et environnementale, afin de changer de cap et ne pas finir dans l’impasse. »

« Face à l’ampleur du défi, nous avons conscience que les engagements individuels, bien que louables, ne suffiront pas. En effet, à quoi cela rime-t-il de se déplacer à vélo, quand on travaille par ailleurs pour une entreprise dont l’activité contribue à l’accélération du changement climatique ou de l’épuisement des ressources ? »

« Au fur et à mesure que nous nous approchons de notre premier emploi, nous nous apercevons que le système dont nous faisons partie nous oriente vers des postes souvent incompatibles avec le fruit de nos réflexions et nous enferme dans des contradictions quotidiennes. »

« Nous souhaitons profiter de la marge d’action dont nous bénéficions en tant qu’étudiants en nous tournant vers les employeurs que nous estimerons en accord avec nos revendications exprimées dans ce manifeste. Nous affirmons qu’il est possible de bien vivre sans sombrer ni dans l’ultra-consommation, ni dans le dénuement total. »

« En tant que citoyens, en tant que consommateurs, en tant que travailleurs, nous affirmons donc dans ce manifeste notre détermination à changer un système économique en lequel nous ne croyons plus. Nous sommes conscients que cela impliquera un changement de nos modes de vie, car cela est nécessaire : il est grand temps de prendre les mesures qui s’imposent et de cesser de vivre au-dessus de nos moyens, à crédit de la planète, des autres peuples et des générations futures. »

Pour un étudiant, devenir signataire de ce Manifeste, c’est décider activement de ne pas participer au pire, mais c’est également pousser les entreprises à adopter des comportements plus responsables envers l’environnement. Si ces entreprises souhaitent continuer à recruter les étudiants diplômés des plus grandes écoles, elles devront changer de modèle économique, social et environnemental.

Depuis la parution du texte il y a près d’un an, les signataires ont rencontré une centaine de dirigeants d’entreprises, pour exprimer leurs attentes.  Théo Miloche, étudiant en Master à Science Po Paris, affirme « Les étudiants et les jeunes diplômés ne veulent plus travailler pour une entreprise qui va à l’encontre de ses convictions écologistes, cela pose un problème de recrutement ».  

Les étudiants ont également travaillé sur le développement de critères objectifs. Ils ont défini une liste d’une dizaine de questions pour les envoyer aux entreprises. Par exemple : « avez-vous mis en place une formation d’au moins 20 heures pour les dirigeants et cadres aux problématiques environnementales ? » «Prenez-vous en compte les enjeux carbone dans votre revue d’actifs ? »

Les réponses des entreprises à ce questionnaire seront rendues publiques.

Théo Miloche précise que « L’objectif est que les jeunes diplômés puissent se référer à ces questions et réponses dans leurs démarches de recherche d’emploi ».