Salades prélevées en sachet: attention aux risques d’intoxication alimentaire

 

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Salades prélevées en sachet: attention aux risques d’intoxication alimentaire

Aux Etats-Unis, des scientifiques accusent les salades en sachet d’être à l’origine de nombreuses intoxications alimentaires. En cause : notre confiance aveugle dans le fait qu’il est inutile de les laver.

Les sachets de salade facilitent la vie de millions de consommateurs. Plus besoin de laver, rincer et égoutter vos feuilles de laitue ou de mâche, c’est le principe du prêt à l’emploi. Mais ce gain de temps en vaut-il la peine ? Pas vraiment, à en croire une étude menée par une équipe de scientifiques américains de l’université Riverside en Californie (États-Unis), dont les conclusions ont été présentées lors de la 250e assemblée générale de l’American Chemical Society National.

Les travaux de Nichola M. Kinsinger ont porté plus spécifiquement sur les pousses d’épinard en sachet. L’étude souligne qu’aux États-Unis 199 personnes originaires de vingt-six États ont été touchées par une intoxication alimentaire en 2006 après en avoir consommé. Le responsable ? La bactérie Escherichia coli (E. coli), qui peut causer de graves troubles digestifs ou urinaires, pouvant conduire au décès. Trois personnes (sur les 199 de l’échantillon) en seraient mortes outre-Atlantique, note l’étude.

Les maladies d’origine alimentaire touchent 250.000 personnes chaque année

De précédents travaux ont déjà montré que les légumes-feuilles sont à l’origine de près de 30% des maladies d’origine alimentaire, du fait qu’ils sont consommés crus. En France, on estime à 250.000 le nombre de personnes victimes de maladies infectieuses d’origine alimentaire chaque année, lesquelles causent entre 228 et 691 décès, selon les chiffres de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) et de l’Institut de veille sanitaire (InVS).

D’après le chercheur, les techniques utilisées par les industries pour enlever 90% des bactéries, telles que l’eau de Javel ou de l’irradiation, ne sont pas suffisamment efficaces. C’est un véritable enjeu de santé publique, affirme le scientifique. En attendant, le chercheur recommande aux consommateurs de laver eux-mêmes les feuilles de salade avant leur consommation. Ne serait-ce qu’à titre préventif.

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Salades prélevées en sachet : leur lourd secret

Un processus de production douteux

Les salades en sachets présentent un atout évident pour le consommateur pressé, qui ne souhaite pas perdre de son temps en devant rincer, trier et égoutter lui-même sa salade. Chaque année, les Français en consommeraient même plus de 73 000 tonnes. Cependant, contrairement à ce qu’on imagine, le rinçage industriel reçu par ces salades n’a rien à voir avec celui que vous pourriez lui réserver dans votre cuisine à l’aide de votre bon vieil évier et de votre essoreuse.

Non. Pour rincer un kilogramme de salade, l’industrie utilise entre 20 à 30 litres d’eau. Mais ce n’est pas tout. Pour éviter tout risque de contamination et de prolifération de germes et de bactéries (et surtout prolonger les dates de consommation), les salades sont également rincées à l’aide d’une solution chlorée, de type eau de javel.

Si les acteurs de l’industrie agro-alimentaire affirment que ce rinçage est sans danger pour le consommateur, il est cependant avéré que le contact de l’eau chlorée avec la terre présente sur les feuilles de salades engendre l’apparition de composés au potentiel cancérogène, les trihalométhanes.

Disséminés dans les eaux usées, ils questionnent sur leur impact sur l’homme. Ces résidus de chlore peuvent aussi se retrouver directement sur la salade si celle-ci n’est pas assez bien rincée après lavage. Certains organismes recommandent même de rincer une seconde fois une salade en sachet…

Adieu vitamines, bonjour pesticides

Testées par l’association UFC Que Choisir, 28 salades de différentes marques ont été évaluées en termes de qualité microbiologique, pesticides, nitrates, résidus de chlore et défauts divers. Au total, 24 salades recèlent des traces de chlorates, soit la presque totalité. Un chiffre qui questionne. Autres substances testées sur les salades, les nitrates, ainsi que les pesticides. Concernant ces derniers, un seul produit, une salade cultivée de manière biologique, se démarque des autres par leur absence totale. Le chlore, en effet, ne permet pas d’éliminer ces substances nocives, il élimine seulement de potentielles bactéries.

Autre problème présenté par les rinçages au chlore, et par le conditionnement sous atmosphère de la salade dans son emballage : la perte en vitamines. Auteure de « Not on the label », Felicity Lawrence dénonçait déjà en 2008 les idées reçues sur la salade en sachet et révélait leur véritable contenu. Citant une étude réalisée par le « British Journal of Nutrition » en 2003, elle affirme que l’emballage sous atmosphère protectrice, utilisé pour permettre à la salade de rester « fraîche » plus longtemps, engendre la destruction de certaines vitamines telles que la vitamine C et la vitamine E, mais aussi de certains antioxydants naturellement présents dans la salade. Alors pourquoi consommer de la salade si celle-ci se voit privée de son intérêt nutritionnel ?

De quoi y réfléchir à deux fois la prochaine fois que l’on hésitera au rayon légume pour gagner un peu de temps…

Sources : Quechoisir.org / LCI.fr / TheEcologist.org / TheGuardian.com / www.lci.fr/

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