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SIDA: Quels espoirs pour nous après l’élimination du virus du sida chez des souris?

Grande avancée : des chercheurs sont parvenus à éliminer le virus sur des souris. Un espoir pour un futur vaccin ? Une étude publiée dans un journal montre que des chercheurs sont parvenus a éradiquer le virus du Sida de l’organisme de souris, à l’aide d’une technique appelée le CRISPR Cas9. Après plusieurs années de recherches, ils ont publié les résultats de leur étude dans la revue scientifique Molecular Therapy.

La possibilité d’en créer un vaccin n’est pas pour tout de suite mais la découverte est très encourageante…

Il s’agit en fait de découper très précisément l’ADN ; ainsi, le virus, qui se cache dans les cellules, n’est pas réapparu une fois qu’il avait été totalement retiré. Cette méthode révolutionnaire pourrait permettre d’aborder différemment de nombreuses maladies génétiques.

Une équipe de chercheurs de la Temple University de Philadelphie est parvenue à éliminer le virus du sida de l’organisme de souris de laboratoire à qui ils l’avaient inoculé. Après plusieurs années de recherches, ils ont publié les résultats de leur étude ce mercredi dans la revue scientifique Molecular Therapy.

Modifier l’ADN

Les chercheurs ont réussi à supprimer le VIH de l’organisme des souris en utilisant un outil d’édition du génome, le CRISPR, sorte de mini-ciseaux génétiques qui permettent de découper et modifier l’ADN en remplaçant la partie défectueuse par une nouvelle. « Cette hypothèse de travail est très intéressante, en ce qu’elle cherche à utiliser cette technique d’édition génomique pour parvenir à ôter le VIH de l’ADN de la cellule vivante infectée », dit le Pr Olivier Schwartz, directeur de l’unité de recherche Virus et immunité à l’Institut Pasteur.

En pratique, les scientifiques ont d’abord implanté des cellules infectées par le VIH à des souris de laboratoire. Ils ont ensuite modifié l’ADN de ces souris au moyen de l’enzyme CAS9, qui leur a permis de couper un brin de leur ADN et d’en retirer les fragments de VIH. De quoi stopper la réplication vitale. « Je n’aurais jamais pensé que le CRISPR fonctionnerait aussi bien et avec autant d’efficacité et de précision », s’est réjoui auprès de CBS News le Kamil Khalili, co-auteur de l’étude.

« Cet outil pourrait d’ailleurs permettre d’ici quelques années à l’élaboration de traitements de plusieurs maladies génétiques aujourd’hui incurables », indique le Pr Olivier Schwartz. Un outil qui pourrait également être utilisé dans le futur pour « améliorer » l’ADN et créer ainsi de « super-bébés » dotés par exemple d’une vision parfaite, d’un QI plus élevé ou encore de capacités physiques renforcées, et qui soulève sur ce plan des questions d’éthique au sein de la communauté scientifique.

Parvenir à éradiquer le VIH de l’organisme est autrement plus compliqué chez l’homme.

« Il ne s’agit pour l’heure que de résultats préliminaires, et il est beaucoup trop prématuré pour tirer des conclusions de ces travaux en vue de leur utilisation sur l’homme », confirme le Pr Schwartz. Ici, les chercheurs ont d’abord travaillé sur un modèle artificiel de souris transgénique, « qui a été modifiée pour ne présenter qu’une seule copie du gène du VIH, or c’est différent dans la vraie vie, sur l’homme, chez qui le virus est intégré à différents endroits de la cellule, explique-t-il.

« Quant au deuxième modèle de souris utilisé dans ces travaux -un modèle « humanisé » à qui les chercheurs ont implanté des cellules immunitaires humaines infectées par le VIH- là, les résultats sont beaucoup moins clairs, avec certes une diminution de la quantité d’ARN virale [qui est en quelque sorte l’ADN du virus du sida], mais c’est pour l’heure insuffisant, poursuit-il. Il faut pour l’instant rester très prudent : les souris ne sont pas des modèles suffisamment pertinents, donc l’hypothèse d’un traitement pour l’homme élaboré sur cette technique est encore très loin de la réalité ». C’est pourquoi, pour les chercheurs, « la prochaine étape devrait porter sur des essais de cette technique sur des primates », des modèles beaucoup plus proches de l’homme, précise le communiqué de presse de la Temple University.

Cependant, même si cette découverte pouvait s’appliquer dès demain à l’homme, d’autres problèmes pourraient survenir. « Comme dans toute stratégie antivirale, le virus du sida peut s’adapter, d’où la nécessité des trithérapies, qui permettent de lutter au maximum contre les résistances du virus, prévient le Pr Oivier Schwartz. Rien n’assure, si demain un traitement de l’homme grâce à l’édition génomique était disponible, que le virus soit incapable de s’adapter et de développer des résistances à cette technique ». Toutefois, si cet outil d’édition du génome se révélait efficace et fiable, des essais sur l’homme pourraient à terme être menés.

En savoir plus sur le CRISP Cas 9

En France, environ 6.000 personnes découvrent leur séropositivité chaque année. Des traitements permettent aux personnes qui vivent avec le Sida de contrôler l’infection et restaurer une espérance de vie presque normale

Aujourd’hui, le VIH est incurable et seul un traitement permettant de bloquer son évolution existe.

Source :www.20minutes.fr

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