Une nouvelle étude sur le cannabis révèle que les risques sont moindres par rapport à l’alcool et au tabac

étude sur le cannabis

Le 3 Août 2018. Image crédit :depositphotos.com

Une nouvelle étude sur le cannabis révèle que les risques sont moindres par rapport à l’alcool et au tabac

Par Phillippe Blot

Une nouvelle étude scientifique a évalué la toxicité de diverses drogues, et le cannabis s’est révélé significativement moins toxique que toutes les autres substances qui se trouvaient sur la liste, y compris les drogues illégales, l’alcool et le tabac. Voir l’étude : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4311234/

Néanmoins, les législations fédérales qui régissent l’utilisation du cannabis visent à restreindre plutôt qu’à réguler, et cela s’est avéré problématique pour les personnes qui recherchaient les effets médicinaux et récréatifs de la plante.

D’après cette étude, l’alcool représente le risque le plus élevé de décès, puis est suivi de la nicotine, de la cocaïne et de l’héroïne, laissant supposer que les risques liés à la consommation d’alcool ont été sous-estimés jusque là. Le cannabis a été jugé beaucoup moins mortel et se situait à l’autre extrémité du spectre, en accord avec d’autres recherches qui le classaient toujours comme la drogue récréative la moins dangereuse. Cette découverte souligne la nécessité d’utiliser des preuves scientifiques tout en établissant des politiques liées à l’usage de drogues licites et illicites.

De nombreuses études ont découvert différents effets médicinaux positifs du cannabis sur la douleur, le sommeil et le bien-être général. Un sondage réalisé par Trip, et. Al. en 2014, a révélé que l’utilisation du cannabis améliorait l’humeur, la douleur, les spasmes musculaires et la qualité du sommeil chez les patients atteints de prostatite et de syndrome de douleur pelvienne chronique. Les données recueillies pendant une étude plus récente en 2015 par Degenhardt, et. Al. a découvert que l’utilisation du cannabis en combinaison avec des opioïdes prescrits induisait un soulagement efficace de la douleur chez les personnes qui avaient une douleur chronique non cancéreuse.

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D’un autre côté, il y a également eu des études réalisées sur les effets indésirables du cannabis. L’une des études a été publiée en 2014, soulignant les effets négatifs sur le risque accru de cancer du poumon. L’étude a révélé que c’était la fumée et non le cannabis en lui-même qui endommageait le tissu pulmonaire. On pourrait facilement résoudre ce problème en administrant le cannabis sous une autre forme.

Il semble qu’une grande partie du monde ait pris sa décision il y a longtemps sur les dangers des substances illégales. Cela, combiné avec le fait qu’il est difficile d’évaluer et de classer le risque de toxicomanie chez les personnes, signifie qu’il n’existe pas beaucoup d’études dans lesquelles les scientifiques ont comparé les dangers de différentes drogues. D’autre part, comme l’abus de drogues illicites est considéré comme un problème plus important pour la société que certaines substances nocives comme l’alcool et même divers médicaments délivrés sur ordonnance, les gouvernements ont tendance à adopter des politiques restrictives qui sont basées sur les suppositions.

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Cependant, plusieurs études ont essayé de mesurer les risques de diverses drogues, comme la toxicomanie et la toxicité en termes d’usage aigu et chronique, mais cela a suscité diverses critiques car certains jugements pouvaient être subjectifs plutôt que scientifiques. Pour essayer de pallier à ces problèmes, les scientifiques ont développé une nouvelle technique pour mesurer les risques, appelée méthode de «marge d’exposition» . Il s’agit du rapport entre la dose qui caractérise les effets indésirables et la quantité que les gens utilisent en général. Les drogues étudiées ont été l’héroïne, le cannabis, la nicotine, l’alcool, la méthadone, les amphétamines et la MDMA.

Ils ont découvert qu’au niveau de l’usage individuel, quatre substances étaient classées comme présentant un risque élevé: l’alcool, la nicotine, la cocaïne et l’héroïne. Les autres sont tombés dans la catégorie dite «à risque». Mais si nous regardons les risques pour la population plutôt que pour l’individu, seul l’alcool était considéré à haut risque. D’après les résultats, le cannabis est plus de 100 fois moins mortel que l’alcool.

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Néanmoins, les chercheurs soulignent que les résultats de cette étude ne signifient en aucun cas que boire une quantité modérée d’alcool est pire que de prendre de l’héroïne. Une grande partie des dommages associés à l’usage de drogues ne sont pas dus à la drogue elle-même, mais plutôt à l’environnement dans lequel elle est prise, par exemple le partage d’aiguilles sales, ce que l’étude n’a pas pris en compte.

Bien que le cannabis ait été considéré comme le moins risqué, l’étude n’a pas pris en compte la méthode d’administration du cannabis. Même si les composants du cannabis ne présentent pas de risques significatifs pour la santé, fumer du cannabis pose un risque à cause de l’inhalation d’irritants.

Quel est donc le message à retenir?

Les auteurs indiquent qu’il serait préférable de consacrer du temps à la gestion des risques liés à l’alcool et au tabac plutôt qu’aux drogues illicites.

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Sources : Scientific Reports, Washington Post et The Verge]

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