Voici ce que j’aimerais faire avec toi ce soir

Le 26 Avril 2018. Image crédit : Pixabay

Voici ce que j’aimerais faire avec toi ce soir

J’aimerais t’inviter à sortir.

J’aimerais t’inviter à une pièce de théâtre, à un concert en plein air ou à un pique-nique.

Allons voir une pièce de théâtre. Tu m’as dit que tu avais déjà choisi ta tenue. Je n’ai aucune idée de ce que je vais porter, et ça m’est égal.

Tout ce qui compte, c’est ton visage, ta démarche et ta voix, et si tu lis, et quoi. Et c’est là le but de sortir. Apprendre à connaître. Je veux savoir, parmi plein d’autres choses, si tu as le courage de faire tes propres choses.

J’aimerais te demander de sortir. 

Mais pas d’une façon romantique, tu n’es toujours pas disponible, et je ne suis pas sûr. J’ai été blessé, et maintenant que je suis guéri, je suis endurci, et plus très jeune. Je ne suis pas marqué: je n’ai pas peur de l’échec. Mais je me suis battu comme une épée dans le feu. Et comme la fumée du karma s’est dispersée, je trouve que pour la première fois dans ma vie amoureuse, les rapports intimes ne sont pas un but.

Le repos commence maintenant, bien qu’il puisse prendre fin le moment d’après. Ou en ce moment. Le premier et le deuxième rendez-vous se passent de cette façon.

Les premières rencontres sont minces, faibles, douces, jeunes ... pleines d’amour réel mais éphémère. Le cœur fatigué se réchauffe et, enfantin, un espoir naïf d’amour s’emballe.

Les deuxièmes rendez-vous sont un moment pour parler, un moment pour apprendre à connaître, un moment pour voir si le noyau de l’avocat trempé dans de l’eau propre dans un verre sur seulement deux cure-dents sous le soleil chaud germera. On doit attendre deux semaines, parfois.

Je suis trop vieux pour être un optimiste naïf. Je suis trop jeune pour me prendre trop au sérieux.
J’aimerais prendre des cours de danse avec toi, ma main sur le creux de tes reins. Je suis bon pour rire tout en apprenant et en marchant dans la foule.

J’aimerais voir comment tu t’habilles: tu aimes les rayures, tu aimes les ceintures. Tu aimes la soie, tu aimes la laine, tu aimes le coton, le cachemire, l’angora. Et j’aimerais me souvenir de la couleur de tes yeux avant la tombée de la nuit, et j’aimerais savoir s’il faut dire ton prénom d’une façon ou d’une autre, et comment dire ton nom de famille.

J’aimerais apprendre à mieux te connaître. Tu aimes le blanc, tu aimes le turquoise, tu aimes le rouge.

En regardant la pièce, je voudrais être distrait par mon désir de te toucher. Je voudrais me concentrer sur le langage rapide et dense de l’acteur. Ce n’est pas une comédie, ni une romance. Mon désir pour toi maintenant est curieux, c’est prudent, c’est le genre de désir romantique qui amène de grands écrivains à écrire de la poésie intemporelle et de pauvres écrivains à écrire de douces bêtises. Car il n’y a pas de plus grande joie connue de l’humanité que la première main dans la main, sauf peut-être repousser le désir de le faire.

Je veux savoir combien de frères ou de sœurs tu as, et si tes parents t’aiment et s’ils s’aiment toujours comme au premier jour, et à quel point tu aimes tes amis, et comment tu parles de tes ex-petits-amis. Et quelle musique tu écoutes et encore mille autres choses.

Et je veux lire ton message de remerciement. Et je veux lire dans tes pensées et tomber amoureux pour un instant.
Je veux voir ton côté droit et ton côté gauche. Tu préfères ton côté gauche. Je préfère les deux. Je veux garder mon esprit et mon désir à l’écart: la beauté exige de se concentrer tôt.

J’aimerais te vouloir, mais je ne te connais pas, et finalement je ne veux plus de ce que je ne sais pas. C’est vrai: je ne te veux pas. Je n’ai même pas pensé à t’embrasser et te pencher, te tenir et te balancer. Tes mots me donnent envie de te savourer. J’ai toujours été un champion de l’élégance.

Je voudrais retourner lentement chez moi. Je t’embrasserais la nuit, chastement, sur la joue, tenant ton épaule gauche avec ma main droite. Plus tard, pas maintenant, j’aimerais savoir (et sinon, j’aimerais que nous soyons de vrais amis, et ce serait aussi un cadeau).

Je voudrais rêver . Et je voudrais voler vers toi et avec toi. J’aimerais apprendre à surfer pendant un temps avec toi. Je voudrais sauter d’une falaise modeste sur un lac dans le vieux pays vert avec toi et sécher. J’aimerais aller à des séances de lecture avec toi, et porter du blanc avec toi. Et je voudrais admirer tes rayures et ta tristesse littéraire … et même vieillir avec toi, et vivre dans une petite maison jaune et une cabane et je voudrais élever dix enfants, ou douze, ou trois. Avec toi.

Je suis un excellent oncle, et je sais que ferai un excellent père, et un mari fort, mais stupide, et presque toujours patient. Je ferai un fonctionnaire infatigable, charmant et têtu quand mes favoris deviendront blancs et que mes yeux se froisseront au soleil.

Je peux promettre une vie bien remplie, avec des moments de paix, une vie remplie de leçons.
Je ne voudrais pas: argumenter, mais débattre; Je ne voudrais pas te pousser, mais que tu m’encourages; Je ne voudrais pas m’ennuyer de toi, mais rire de moi-même. Je voudrais marcher derrière toi, en suivant de près tes épaules dorées et ton esprit de femme enceinte.

Je voudrais me rappeler … comment ma voix devient douce avec toi. Ma douce voix me surprend, mais pas toi, car tu ne connais pas ma voix normale. Je voudrais que tu te souviennes … ta gentillesse me surprend: je suis habitué à de nouveaux amis et amants se sentant petit autour de mon tourbillon, commençant bientôt à me déchirer pour une supériorité que je ne réclame pas.

Je veux ne pas vouloir … pas plus, mais avoir … et laisser aller.
J’aimerais te voir.

Le temps nous prend tous, mais il nous permet aussi de profiter de ce que nous avons.

Source : www.elephantjournal.com

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