trouble de la personnalité limite

Le 30 octobre 2018. Image crédit : depositphotos.com

Voici ce que vous ressentez quand vous souffrez d’un trouble de la personnalité limite

Par Antoine Mercier

Je souffre d’un trouble de la personnalité limite , cela signifie que je lutte constamment contre l’instabilité de mes émotions, mon humeur peut changer très rapidement et de manière imprévisible.

« Tu es trop sensible. »
« Tu es intense. »
« Tu démarres au quart de tour. »
« Tu dois aimer le chaos. »

Je rejoue tout le temps ces citations dans ma tête. Les personnes qui ont dit ces phrases entrent et sortent de ma vie.

Je ressens bien plus d’émotions que la moyenne. Même si, au premier abord cela ne semble pas perturber ma vie, c’est paralysant et handicapant.

Je souffre d’un trouble de la personnalité limite.

Je vis tous les jours sur le qui-vive. Chaque émotion est prête à se déclencher, n’importe laquelle. Quand je suis heureux, je suis euphorique. Quand je suis en colère, je suis un monstre. Quand je suis triste, je suis déprimé. Il n’y a pas d’entre deux. Je suis vert ou rouge. Je n’ai pas de jaune.

Mettre des mots sur mon trouble est impossible. Mon esprit est un labyrinthe et cela me rend malade d’y penser.

Tout ce que je souhaite, c’est être proche des gens. Je souhaite une relation pour pouvoir partager, aimer, être en sécurité, mais je deviens «trop intense» pour les autres. Donc, au final, je n’ai plus personne dans ma vie.

Je souffre tous les jours. Je souffre de me sentir constamment submergé par les émotions.

J’ai du mal à communiquer. Je ne peux pas décrire ce que je ressens dans mon cœur et dans ma tête. Je peux aimer avec mon esprit, mon corps et mon âme alors que mes mots disent exactement le contraire.

Je ne cherche pas à commencer un drame et je ne suis pas du genre à rechercher l’attention. Lorsque je «réagis de manière excessive», j’ai du mal à récupérer.

Je blesse les autres. Je suis épuisé à la fin de la journée.

J’ai tout le temps peur à l’idée d’être seul; l’abandon est infernal. Je m’accroche aux gens et les laisse partir avant qu’ils ne puissent me quitter.

Beaucoup de personnes croient que je suis quelqu’un de méchant, narcissique et manipulateur.

Mon humeur change constamment et je n’ai aucun contrôle sur mes émotions.

Je dois avouer qu’il y a eu des soirs où j’aurais préféré ne pas être en vie. J’ai essayé de faire une overdose trois fois il y a plusieurs années. J’en avais assez. J’étais victime d’intimidation à l’université et je ne supportais pas la douleur. Je ne supportais pas l’idée d’être abandonné une nouvelle fois.

Je voulais en finir.

Je voulais que les gens m’aiment. Peu importe la manière. Je voulais que les gens souffrent et qu’ils réalisent leurs torts. Je voulais punir ceux qui ne comprenaient pas. Je voulais qu’ils souffrent autant que moi tous les jours.

Quand je suis déprimé, je suis au plus bas.

Quand je souffre, tout le monde doit souffrir.

Je lis constamment comment des gens comme moi épuisent ceux qui nous entourent. Nous drainons l’énergie de ceux que nous aimons. Nous ne leur laissons rien.

Un article a même déclaré: «Éloignez-vous d’eux autant que vous le pouvez».

Je suis là pour vous dire que même si je ne suis pas simple à vivre, je le mérite.

Vous ne pourrez pas tout le temps me comprendre. (La plupart du temps vous ne le pourrez pas d’ailleurs, mais je suis toujours humain.) Je ressens des émotions à l’extrême. J’ai tellement envie de me sentir accepté et chéri.

N’ayez pas peur de moi.

En tant que personnes atteintes de TPL, nous sommes des «personnes difficiles», mais nous ne sommes pas impossibles à aimer.

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