POLLUER

WOW ! ÇA DOIT POLLUER UN MAX !!!

Après avoir lancé l’opération « Waste Camp » en relayant l’information sur plusieurs forums, voici un des commentaires que nous avons reçu de la part d’un certain Sylvain :

« Ca fait toujours autant rire, les touristes qui dénoncent la pollution, voire veulent dépolluer le monde (sic)… en usant d’engins ultra-polluants pour se déplacer. »

Hé bien Sylvain a parfaitement raison !

Le seul hic, c’est qu’il fonde son constat en se focalisant uniquement sur un seul aspect, celui qui de prime abord semble mettre à mal notre image du « parfait petit voyageur écolo » : notre « gros camion 4×4 » ! Mais mais mais… Si on considère la situation dans sa globalité, c’est une tout autre réalité qui se révèle… Un exemple tout simple : si au lieu de 40 000 km que vous parcouriez chaque année dans votre vie de sédentaire, vous n’en faites plus que 8 000 km/an en voyageant, même avec un véhicule qui consomme 4x plus, vous polluez moins… Ce n’est donc pas l’objet qui est polluant en soi mais bien notre façon de l’utiliser, notre façon de consommer.

Merci donc, cher Sylvain, de me donner l’occasion de faire un point, chiffres à l’appui, de ce qu’il en est réellement pour nous, pour notre voyage ; c’est une publication que j’avais envie de faire depuis très longtemps. Volontairement je ne parlerais pas d’empreinte écologique car quand je dis que notre famille consomme 400 m3 d’eau par an, au moins tout le monde peut aller chercher sa facture d’eau pour comparer et avoir une idée de ce que représente cette quantité (moi le premier).

Avant d’adopter un mode de vie nomade, nous habitions dans une grande ferme isolée dans la campagne dauphinoise. Voici grosso merdo quelles étaient nos consommations annuelles à 4 :

  • Chauffage de l’habitation (230 m² avec de grands volumes) : 3000 litres de fuel/an (environ 2400€/an) – Cela correspond à la moyenne annuelle française pour une famille vivant en maison individuelle chauffée au fuel ;
  • Electricité : 15 000 KWh/an (bon on a une pompe dans l’étang de baignade qui est particulièrement gourmande !) – En France on observe une moyenne annuelle de 7 500 KW/an pour une maison individuelle à 4 ;
  • Eau claire et eau potable : 350 m3/an (étang de baignade) – Moyenne pour une famille française de 4 personnes : 220 m3/an ;
  • Véhicules : environ 20 000 km/an par voiture (nous en avions deux) soit à peu près 2500 litres de diesel. – La moyenne française actuelle est d’un peu moins de 20 000 km/an par véhicule.

WOW ! ÇA DOIT POLLUER UN MAX !!!

En mode nomade, nous vivons dans un vieux camion de pompier reconditionné avec une cellule vie de 8m² qui consomme en moyenne 27 litres/100km, 22 quand c’est plat. Nous avons une réserve d’eau claire de 300 litres pour environ 6 jours d’autonomie pour la vaisselle et les douches. Parallèlement nous utilisons des bidons d’eau potable pour nos 10 litres quotidien. Nous avons deux grands panneaux solaires couplés à 2 batteries à décharge lente qui nous assure une quasi autonomie électrique (il nous est arrivé quelques fois de nous brancher au réseau pour « refaire le plein »). Le chauffage et l’eau chaude sont obtenus grâce au gaz, alimentés par une bouteille extérieure de 13kg.

Il nous a fallu non moins d’une petite année pour apprendre à réduire nos habitudes de consommation et à trouver un mode de déplacement qui nous corresponde enfin : le voyage lent (voir très lent). Depuis plus d’un an ce mode de consommation est à peu près stabilisé et représentatif de ce qu’est désormais notre quotidien. Voici donc nos consommations approximatives sur l’année écoulée (toujours à 4) :

  • Chauffage/cuisine : environ 6 bouteilles de 13 kg par an.
  • Electricité : autonomie presque totale, on s’est branché une dizaine de nuit pour remonter les batteries, soit moins de 50 KWh.
  • Eau claire : 18 m3/an
  • Eau potable : 3 650 litres soit moins de 4 m3.
  • Véhicule : environ 8 000 km/an soit environ 2200 litres de diesel.

Ces chiffres feraient rêver Nicolas Hulot !  Sans compter que ce comparatif ne fait pas ressortir :

  • Que nous lavons autant que possible au savon de Marseille et que nous faisons nos besoins dans la nature comme les êtres humains civilisés au temps de la préhistoire. Plus besoin donc de traiter nos « eaux usées » avant de les rejeter dans le milieu naturel, soit un coût nul pour la collectivité d’où qu’elle soit ;
  • Que nous n’utilisons plus non plus d’essence ou d’électricité pour le jardin pour tondre, débroussailler, etc ;
  • Que nous sommes redevenus riche car nous avons le temps.

Il est très intéressant de constater qu’en ayant conscience de la « quantité » dont on dispose, on en vient à changer notre façon de la consommer car on a également conscience de la chaîne d’actions que nous aurons à accomplir pour pouvoir de nouveau disposer de cette « quantité ». Un exemple flagrant est l’eau ! Vous rendez-vous compte que nous somme passé de 350 m3/an à moins de 25 m3 ! Vivez en camion pendant quelques mois, je vous garantis que vous ne ferez plus la vaisselle de la même façon, ni les douches d’ailleurs !!!

Et maintenant, que pensez-vous de notre mode de déplacement ultra-polluant ?

PS : nos jeunes adolescents recherchent activement des participants pour le défi « waste camp« . Voyez plutôt leur page facebook c’est une super idée !

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